Dossier Christopher Lee by Pouply Part 2

Car les magiciens ne meurent jamais.

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Que devient notre légende à présent que les Hobbits sont tournés ? Et qu’en est-il de sa vie lorsque résonne le dernier clap ? Et bien, au même titre que Johnny Depp, qu’il considère comme l’un des meilleurs acteurs actuels, avec son idole Gene Hackman, il est devenu le chouchou de Tim Burton, son réalisateur favori. Un des grands jeux des fans et d’essayer de le reconnaître lors de ses courtes apparitions, car il est toujours extrêmement bien déguisé (après tout, il a toujours aimé ça, se métamorphoser en personnages inquiétants). Il pourrait se transformer en Jabberwookie, iconique comme il est, en dentiste fou, en maire, en curé ou en capitaine pas net pour un moment de pure rigolade (reprenant aussi le poème de The Nightmare Before Christmas dans sa version audio). Il a été au casting dans l’adaptation cinématographique de la comédie musicale Sweeney Todd, mais son rôle et la ballade ont été coupés, alors qui devait jouer un soliste appelé le gentleman fantôme. En fait, Burton n’a jamais filmé les scènes, les jugeants trop théâtrales, Lee était quand même présent lors de la séance d’enregistrement, et si vous écoutez attentivement, une ligne a été gardée comme cameo… Dans l’ensemble, et malgré le grand âge de l’acteur, on peut supposer que leur partenariat durera longtemps. Il fut fortement attristé d’apprendre que Johnny Deep envisageait de prendre sa retraite, il prit sa défense lors d’une interview où il retranscrit ses mauvaises expériences en tant qu’acteur et compatit de tout son cœur pour son ami : « Il y a des frustrations, dit-il, des gens qui vous mentent, des gens qui ne savent pas ce qu’ils font, des films qui ne passent pas comme vous l’auriez voulu. Oui oui, je comprends pourquoi. Je me demande toujours ce que je pourrais faire. Faire des films n’a jamais été juste un travail, c’est ma vie. J’ai d’autres intérêts en dehors du métier d’acteur, je chante et j’écris des livres, par exemple, mais jouer, c’est ce qui me motive, c’est ce que je fais, ce qui me donne un but dans la vie… Je suis réaliste quant à la quantité de travail que je peux réaliser à mon âge, mais je prends ce que je peux, même les voix off et les narrations. (…) Johnny est une star -et c’est un terme que je n’ai jamais utilisé à la légère. Il n’y en a pas beaucoup d’entre eux aujourd’hui. Ça me rend triste que cette personne véritablement talentueuse envisage d’abandonner tout cela. » Choisissant ses films pour leur scénario, il se lance aussi dans des œuvres indépendantes pour garder la flamme. Il y a quelques années il se mit à la musique, et continue de nous étonner. À ce jour, il publie le deuxième album traitant de l’histoire qu’ont connue ses ancêtres aux côtés de Charlemagne, sort quelques singles en coopérations et, périodiquement, entame un ou deux airs pour des jeux vidéo ou autre (mais nous y reviendrons). Pour son 90e anniversaire, il entama un single très métalleux qui fit de lui le plus vieux chanteur de ce genre, The Omens of Death, et qui fut préformé par Richie Faulkner de Judas Priest. Ci-dessous, la liste de ses principaux titres :

Christopher Lee Sings Devils, Rogues & Other Villains (1998)

Des textes humoristiques reprenant ses rôles de méchant un à un.

Christopher Lee Revelation (2006) seulement au Royaume-Uni

comprenant « The Toreador March », « O Sole Mio »,

« Oh What a Beautiful’Morning » et « My Way ».

Charlemagne : By the Sword and the Cross (2010)

+ deux singles : Let Legend Mark Me as the King et The Ultimate Sacrifice (2012)

Charlemagne : The Omens of Death (2013)

Lord of the Rings: Complete Songs and Poems par the Tolkien Ensemble (2003)

Les Enfants de Hurin (audiobook) de Christopher Tolkien (2008)

« The Raven » et « Elenore » avec Edgar Allan Poe Projekt (2006)

Battle Hymns MMXI avec Manowar (2010)

A Heavy Metal Christmas (2012), A Heavy Metal Christmas too et Fearless (2013)

Avec Rhapsody of Fire :

Symphony of Enchanted Lands II – The Dark Secret (2004)

Triumph or Agony (2006) et The Frozen Tears of Angels (2010),

The Cold Embrace of Fear – A Dark Romantic Symphony (2010)

From Chaos to Eternity (2011)

(Plus un single par ans depuis 2012 pour Noël…)

Le saviez-vous ?

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Son premier album de metal, Charlemagne, à été acclamé par la critique et gagna The Spirit of Metal Award en 2010 lors de la Hammer Golden Gods ceremony. En juin 2012 il enregistra et filma son premier clip, “The Bloody Verdict of Verden” en prélude au second opus de l’histoire de ce conquérant.

Il a interprété un single pour le groupe Rhapsody of Fire où il y joue The Wizard King pour une trilogie épique en quatre langues différentes. Il parle couramment, en plus de l’anglais, l’allemand, le français, l’italien, l’hébreu et bien d’autres. Il remplaça même LE Orson Welles lors d’un remake de Battle Hymns MMXI avec le groupe d’Heavy Metal Manowar. Souvent invité sur les plateaux, il fit la narration de nombreux textes et poèmes.

Voulant assister au Heavy Metal Festival Earthshaker Fest en 2005 pour soutenir ses groupes préférés, Rhapsody et Manowar, mais ne pouvant en raison d’un rendez-vous important de tournage, il enregistra un message à tous les fans, qui eu énormément de succès dans le public. Dans le documentaire de l’édition spéciale The Dark Secret de Rhapsody, il dit : “Un a essayé tout ce qu’il pouvait dans sa carrière, à l’exception de la danse folklorique et de l’inceste”…

Il apparut sur la couverture de l’album des Wings, intitulé Band on the Run, avec Michael Parkinson, un animateur de shows, l’acteur James Coburn, le champion de boxe John Conteh et le broadcaster Clément Freud.

D’après Wikipedia, il avoua sur le plateau du Grand Journal de Canal plus forcer son accent anglais car sinon, il n’en aurait aucun dans aucune langue. En effet, vous pourrez vérifier le fait que son français est impeccable. Il a donc été filmé en russe dans Rasputin, en français dans les Rivières Pourpre, en allemand dans 1941, en italien, en espagnol… Son amour de l’opéra ne le quitta pas de sa vie. Petit, il apprit l’allemand en écoutant les disques de Wagner… selon la légende, car il est plus probable qu’il reçut ses cours quand il étudiait en Suisse. Il est bien le digne descendant de sa grand-mère. “Je préfère avoir été un chanteur d’opéra plus que toutes autres choses”, clame-t-il.

Mais, à part ça, qu’est-ce qui fait de lui l’acteur le plus magnifique de tout les temps ?

I

Pourquoi Chris est super cool

A. Sa gutturale voie de ténor :

Saviez-vous que lorsqu’il débuta à Hollywood c’est son physique qui joua pour lui ? Et pourtant, le film muet était loin derrière. Par ailleurs, dans ce pilier de Terence Fisher qu’est Dracula, il ne prononce que quelques mots. Nous reviendrons par la suite sur ses talents de prestation, mais sachez tout de même qu’à un moment on se l’arrachait pour son rôle de la créature de Frankenstein. Rôle qu’il quitta prestement, car il ne voulait pas donner au public l’image d’un monstre débile et sans prestige. Le film qui mit en valeur ses cordes vocales arriva bien tard dans sa carrière. Il s’agit, vous vous en doutez, de The Lord Of The Ring. Saruman, le magicien blanc, est décrit par Tolkien comme un manipulateur de foules, qui sublime ses paroles à l’aide d’un charme lui donnant une voie grave et séduisante. La scène cultissime de son duel contre Gandalf où il plie les éléments à sa volonté créant une avalanche sur le mont Caradhras est absolument magnifique. Son succès fut tel qu’il accepta de prêter sa voix au groupe Rhapsody of Fire pour un album de métal symphonique aux accents d’heroic fantasy. Malgré le fait qu’il interpréta une comédie musicale, plus quelques chansons, tout ceci était soit kitch, soit inconnu du grand public. Quelque temps plus tard et à la fin de sa formation de chanteur classique, il enregistra ses propres disques : la série des Charlemagne parlant des conquêtes de ce grand conquérant lui ressemblant tellement. Cette voie restera éternellement dans l’histoire, elle fut une révélation à tel point qu’il acquit le grade de chanteur ainsi que de conteur. Il doubla plusieurs rôles pour des films d’animation dans beaucoup de langues : The Last Unicorn (il se traduit lui même en Allemand, gratuitement, juste pour son amour du film), Alice in Wonderland et Corpes Bride, Les Vacances de monsieur Hulot pour le doublage, Scaramanga dans le jeu GoldenEye, la mort dans une adaptation d’un Terry Pratchett, la narration de Kingdom Hearts et du jeu Middle-Earth, etcétéra… Il anima un temps une émission de radio, Mystery Theater, pour deux heures de programmes tous les soirs en 2009, avec The Syndication Networks Corporation reprenant les “Mystery Shows”. Sa formation de ténor fut mise pour la première fois à profit dans la BO de The Wicker Man, dans une composition psych folk par Paul Giovanni, The Tinker of Rye. Il chanta dans le ending du film d’horreur Funny Man et interpréta une comédie musicale de super héros appelé The Return of Captain Invincible avec un numéro de danse en prime, Name your Poison écrit par Richard O’Brien ! Il chante aussi dans The King of_Elfland’s Daughter de Peter Knight et Bob Johnson, et dans un single d’Italo Disco avec Joe Kathy Taylor, Little Witch. En 2006 il réunit deux genres assez opposés pour une version metal de Toreador Song de l’opéra de Carmen, c’est à écouter dans son album mignonnement intitulé Revelation. Lee peut avoir tout type de voix et d’accents, rappels Douglas Fairbanks, Jr., il peut imiter une femme, des étrangers, des domestiques, des nordistes, des sudistes, des jeunes, des vieux, tout.

B. Ses talents magnifiquement variés

Ses talents d’acteur, tout à fait, mais pas que. Les moins de 40 ans trouveraient peut-être cela étrange, peut être surjoué, mais qu’y peut on, le talent est là et il transparaît. Que dis-je, il illumine son être, nous fait succomber son charme ! Je vous ai déjà listé quelques-uns de ses films, maintenant je vais vous parler d’un de ceux-là. Il s’agit d’une œuvre qui subit la censure, ce qui désola notre Chris, le dénommé Jinnah. Il interpréta bravement et à la perfection le fondateur du Pakistan, Muhammad Ali Jinnah. C’est un personnage qu’il respecte et défend ardemment. Parmi ses meilleures réalisations, au risque de me répéter, n’oubliez pas The Wicker Man, qu’il cite être la meilleure comédie anglaise qu’il ai vu. Mais s’il n’y avait que cela… Il est La Star la plus commercialisée dans le monde ! Ses tonnes d’Oscars, ses récompenses et son étoile du Hollywood Boulevard ne sont rien comparé à la joie que nous, cinéphiles, avons à le voir à l’écran. Il a eu plusieurs autres nominations dont les plus admirables sont son anoblissement et sa décoration de Chevalier de l’Ordre de l’Empire Britannique par le Prince Charles en 2001 (il n’a d’ailleurs pas eu à s’agenouiller lors de la cérémonie à cause de son âge, ce qui est une première), sa récompense de l’Académie Britannique des Arts Audiovisuels ainsi que de l’académie de Vienne, son affectation en tant que Commandeur Frère de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem (l’ordre de Malte si vous préférez) en 1997 et sa décoration de Chevalier des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, en 2011. Le 21 juillet 2004, il a reçu la citoyenneté d’honneur de la ville de Casina, en Italie, où se trouve le château de Sarzano, appartenant à ses ancêtres (il a prononcé son discours de remerciement en italien) et en 2008, il gagne The Life Achievement Award pour sa vie d’acteur au Festival du Film de Pula (Croatie), le BAFTA Academy Fellowship décerné par Tim Burton et la bourse BFI en 2013. Il va jusqu’à obtenir une invitation pour la soirée privée d’anniversaire de la reine pour ses services de Drame et de la Charité. La cérémonie a eu lieu au Palais de Buckingham le 30 octobre 2009 et a été réalisée par le Prince Charles, le Prince de Galles (là je m’attends à voir de la bave dégouliner de vos bouches). Au cours de ses plus de 250 productions, s’il y en a une qui, pour lui, sort du lot, il s’agit aussi de l’émission Saturday Night Live qu’il anima en 1978 alors que tout le monde pensait à cette époque qu’il prendrait sa retraite ! Mais le comte n’avait pas dit son dernier mot…

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Quand je dis qu’il surpasse un Willis, je veux aussi parler du fait que pendant sa jeunesse il allait jusqu’à faire ses propres cascades. Sur les plateaux, il était l’ami de tous, et non le genre d’acteur chiant qui critique toujours les cadrages et éclairages. Membre de trois syndicats de cascadeur, son record du nombre de combats à l’épée n’a jamais été surpassé. Passant du sabre au fleuret, Christopher Lee est capable de tenir tête aux têtes, et même blessé un Errol Flynn bourré, sa forme d’athlète lui permit de clôturer de grands films dans la classe. Il a tout de même eu de graves blessures lors de tournages : dans La Malédiction des Pharaons, il se luxa l’épaule et le cou en traversant des portes-fenêtres en verre et lorsqu’il dut porter une actrice avec les bras entièrement déployés, sur une distance de 80m dans un marécage. Dans Le Cauchemar de Dracula, Lee devait abandonner une femme dans une tombe, mais elle était beaucoup plus lourde que prévu et en essayant de la déposer, il est tombé avec elle. Dans Quo Vadis il joua un conducteur de char et se fit extrêmement mal lorsqu’il fut jeté à bas de celui-ci, dans les Trois Mousquetaires de 1974, sa blessure au genou fut telle qu’il la ressent encore. Et ce n’est que le début d’une longue liste… Comme son père, il fut un grand sportif, pratiquant notamment le squash, le criquet, le rugby, le foot et le hockey. De nos jours, il alterne ses voyages avec un peu de golf au côté de célébrités, dont Ian Flemming, mais avoue à l’antenne préférer un autre passe-temps de riche : l’opéra. Il est tout de même le seul acteur à avoir rejoint l’honorable compagnie des golfeurs d’Édimbourg, le plus ancien club au monde. Eh oui, il ne fait rien à moitié et excelle dans toutes les catégories !

Il a aussi produit et réalisé quelques commandes durant ses premières heures, et est, vous ne devinerez jamais… Photographe ! Il bouge énormément pour une personne de 91 ans. Saviez-vous, petite parenthèse, que Christopher Lee a failli tenir le rôle d’Albus Dumbledore à la mort de Richard Harris et celui de Magnéto à la place de Ian McKellen. Ou celui du docteur Loomis dans Halloween (ne pas l’accepter fut, dit-il, sa plus grosse erreur) ? Ou encore celui du Grand Moff Tarkin dans la première trilogie Star Wars, mais préféra le laisser à son inséparable ami Cushing, et celui du roi Balor de Hellboy. Aussi, le rôle de Dr. No dans James Bond, mais malgré ce que dirent l’équipe, les producteurs choisirent Joseph Wiseman… Vous imaginez ce qui aurait pu se passer alors ?

C. Tout, définitivement tout

Son charisme, son intellect, oui, tout chez lui atteint un degré de perfection inégalé.

Reprenons plus personnellement certains aspects de sa vie :

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Même si sir Lee a entretenu une réputation d’acteur de seconde zone dans la tête des snobs, il les a fait changer d’avis rapidement. S’il n’est pas qu’apparu dans la crème des crèmes, il faut se remettre dans le contexte de l’époque : il avait beau être un noble, un aristocrate, il a connu la guerre, la mort et autant de choses peu plaisantes. Il faillit se retrouver à la rue, passer l’arme à gauche… Autant de mauvais souvenirs qu’il ne confesse jamais. Il en a vu des dures, alors quoi, s’il avait envie d’éviter le chômage en jouant dans quelques navets, s’il avait envie de rigoler, de se réfugier dans un rôle, peut-on lui en vouloir ? Ma critique a beau être méliorative au plus haut point, l’insulte n’est même pas à envisager. Il avoua dans une interview n’avoir pas toujours choisir ses films pour leur qualité, mais pour subvenir aux besoins de sa famille. Lorsqu’il rejoint la Rank Organisation et participe à ses premiers castings, c’est de toutes ses forces qu’il s’approche, lentement mais sûrement, de l’objectif. La Hammer est peu connue et n’attire pas les pompes… Ni l’argent. Alors, il faut trouver autre chose que les effets, c’est à dire des talents émergeant. Vous ne pouvez imaginer l’ambiance des studios, cela devait être animé !

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Mais, qu’est-ce que la Hammer, me diriez-vous. Ne vous inquiétez pas, j’y viens :

La Hammer est une société produisant des films fantastiques et horrifiques. Elle est basée en Angleterre et fut créée par William Hinds et Enrique Carreras en 1934. Avec un début difficile, elle ne connut sont apogée que 30 ans après son lancement, jusqu’en 1960 où elle fut détrônée par Universal. À ses débuts cette société fut connue sous le nom d’Exclusive et faisait essentiellement des thrillers, mais dans les années 50, suite à un accord avec l’Amérique, elle se tourna vers ce que l’on connaît aujourd’hui, ce qui plaisait plus aux Américains. Quelques années plus tard son implantation est finalement terminée et les succès peuvent enfin sortir des placards. Des films à l’aspect British classés X, pour extrême, tel que The Quatermass Xperiment, suivi par The Curse of Frankenstein et a peu près tous ceux cités plus haut… Son succès fut malheureusement de courte durée, avec le départ de Christopher Lee, mais surtout à cause du fait que l’opinion publique fut plus captivée par des films fantastiques contemporains sur le thème des fantômes, démons et, en tête de liste, zombies. La dernière perle en date fut To the Devil a Daughter, datant de 1976 et sonnant le glas de la compagnie. En 1994, le massacre s’arrêta avec le retour de Christopher Lee et Peter Cushing pour un ultime documentaire, Flesh and Blood, the Hammer Heritage of Horror. Ce fut la dernière fois que les deux compères se retrouvèrent à l’écran, car Peter Cushing mourût deux mois plus tard causant une énorme tristesse chez ce premier. À présent la Hammer, rachetée par John de Mol, reprend petit à petit le business dans un cadre différent avec de nouveaux films, dont The Woman in Black. En 2011, Christopher Lee revient pour The Resident, avec Hilary Swank et Jeffrey Dean Morgan. En partance pour le Nouveau-Mexique, il se blesse en trébuchant sur des câbles et doit subir une opération de toute urgence. Comme quoi, sa malédiction envers la Hammer est toujours d’actualité. De plus, à cause de cela il n’a pas pu reprendre son rôle dans la suite de The Wicker Man, The Wicker Tree, alors qu’il attendait ce moment avec impatience. C’est sûrement sa dernière réalisation au sein de ce studio.

Même après qu’il se soit émancipé il continue de tourner dans de petites productions, changeant de rôle comme de costumes. Il fit le tour du monde du fantastique, éblouissant, mais dans de piteux contextes. En effet, ce genre n’a que peu de support et puis, à force de ne faire que les méchants, la presse et les collègues l’ont enfermé dans une catégorie de plus en plus kitch, qui perdit d’intensité au fil des années. Imaginez sa tristesse lorsque, dans les années 90, il s’entendit dire que sa place était dans un musée… Quand du rire et de la déconne, nous passons aux larmes, ce n’est guère facile. Ce qu’il ne savait pas encore, c’est qu’il avait marqué les esprits de plus de monde qu’il ne le pensait. Car, il faut le dire, Christopher s’ennuie dans l’horreur, il lui faut du gros, il lui faut un chalenge.

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Il essaya la télé sans grands résultats, la plupart du temps il était déjà catalogué et n’avait pas la possibilité de se distinguer quand les producteurs n’étaient pas assurés de financer la suite du show et que les réalisateurs contaient les centimes : c’est qu’il s’agit d’une guest star tout de même ! Et puis, un jour, Tim Burton lui avoue son amour. Le courant passe tout de suite, ils sont désormais inséparables. Il tourna cinq fois avec son ami Johnny Deep, dans Sleepy Hollow, Charlie and the Chocolate Factory, Corpse Bride, Alice in Wonderland et Dark Shadows. Les bonnes nouvelles n’arrivant jamais seules, Saruman nait. Toute sa vie il détesta Peter Jackson pour avoir coupé sa mort au montage, en riant bien sûr, faire un coup de commerce de sa tête le fait beaucoup rire. George Lucas s’empara de lui pour cette bouse qu’est Star Wars Attack of the Clones et Revenge of the Sith. Mais, il lui fallait jouer gros avec des acteurs insignifiants et un scénario bancal. Ce fut son dernier nanar répertorié. Saviez-vous que Dooku est un mélange de deux noms : Dracula et Fu Manchu ? Il n’y a pas si longtemps de cela, Christopher Lee était le centre de l’Hollywood Universe, selon les données de l’Oracle, mais est maintenant en seconde place face à Rod Steiger. Et, d’après le Guardian (et votre ami Poulpy), il est l’acteur le plus cool de l’Univers !

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Finissons avec les mots de collègues m’ayant arraché une larme :

Christopher Lee, aujourd’hui octogénaire, est probablement l’un de ces acteurs qui resteront mythiques. Très bon, même dans les films les plus mauvais, c’est un OVNI assez étrange dans le monde du cinéma, l’un des derniers d’une génération qui a connu le meilleur et le pire, pour qui le plaisir de jouer était plus important que le fric, qui ne prendra probablement jamais sa retraite, et qui mourra – le plus tard possible, souhaitons-le-lui ! – sans doute en scène, comme Molière. -Nanarland

Dans les rôles cités, sa stature impressionnante et sa voix profonde de basse l’aident à jouer des rôles de personnages souvent classés dans le “mal” (Saroumane, Dooku…) avec une certaine aisance. À noter qu’il s’agit souvent de “méchants”, généralement froids et fiers, souvent élégants. -Wikipedia

Johnny Depp était sur place pour honorer son ami Christopher Lee. En le décrivant comme un “artiste authentique” et un “trésor national”, l’acteur a ému aux larmes son homologue de 91 ans. Il lui a ensuite remis le British Film Institute (BFI) Fellowship. En rejoignant l’acteur de The Pirates of the Caribbean sur scène, Lee l’a serré dans ses bras, avouant que la surprise était complète. “Je ne savais pas que tu venais! Je dois me ressaisir”, lui a-t-il confié. Christopher Lee lui a également renvoyé les compliments, rapporte Entertainment Wise. Selon lui, Depp est l’un des acteurs de sa génération qui est “une réelle star”. -Première

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