Les artistes fous associés by Poulpy

Les artistes fous associés by Poulpy

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Après cette petite BD, continuons ce trip in Wonderland avec nos nouveaux amis,

Les Artistes Fous Associés

Tassons nous et préparons nous à les accueillir, sauf que cette fois c’est le tavernier qui prendra commande, de leurs jolis textes réunis ici. Sans pour autant devoir tuer des dragons, les trésors que nous rapportent ces Artistes pourront certainement vous captiver :

Mais qui sont-ils ?

Bienvenue chez les secoués du cocotier !

Vous aimez le Fantastique, la Science-Fiction, l’Horreur, le Gothique, le Grotesque ?

Vous êtes écrivain, dessinateur, photographe, cinéaste, musicien, ninja, danseuse du ventre, et vous aimeriez faire connaître votre travail ?

Vous pensez avoir un grain dans la tête, une araignée au plafond, un arrosoir en guise de chapeau ? Vous êtes animé par une intense folie créatrice, mais vous ignorez où la faire rejaillir ? (Non, ce n’est pas sale…)

Vous êtes fan de catch mexicain, de Stanley Kubrick et de philosophie ?

Vous appréciez l’humour drôle qui fait rire et la peur terrifiante ?

Vous aimez la vie ? Le sexe ? La mort ? …Voire tout à la fois ?

Ne cherchez plus : ce site est fait pour vous !

Les Artistes Fous Associés ont pour but de diffuser vos chefs-d’oeuvre incompris (« trop bizarre ! Trop gore ! Trop barré ! » vous ont dit les sinistres gratte-papier des sérieuses maisons d’édition ? pas de ça chez nous !)….

lesartistesfous.com

 

Tel un carrefour, le site se dresse et regroupe

écrivains et scénaristes, graphistes et photographes,

musiciens, développeurs, artistes en tout genre

se trimbalant entre blogs et forums.

Her Mad Doktor, président trésorier qui dirige aussi les madteliers d’écriture (où convergent les textes en attente d’éditions, de compétitions et autres), a bien voulu répondre à quelques questions :

Notre « rencontre » lors du Bloody week-end :

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Je suis Herr Mad Doktor, Président des Artistes Fous Associés, une asso multiculturelle sévissant dans le fantastique, l’horreur, le gore (et plus si affinités)…

Tout est parti d’un forum de cinéma : celui du magazine Mad-Movies. Entre deux débats passionnés (Han solo a-t-il tiré en premier ?), certains habitués des lieux ont créé « L’atelier des madnautes », un atelier créatif géré de main de maître par la sympathique Vivi. Tous les 2-3 mois, un thème était lancé, généralement axé « fantastique » ou « horreur » et chacun participait sous la forme artistique de son choix ; la plupart du temps, il s’agissait de créations graphiques (souvent de très bon niveau), mais il y eut également quelques textes de qualité certaine…

Une bonne âme eut alors l’idée de lancer un atelier spécifiquement dédié à l’écriture. Mais lire les textes sur un forum, ce n’est guère agréable… Nous nous sommes alors dit que créer un blog serait plus confortable. Or comme personne ne voulait s’en occuper, c’est moi qui m’y suis collé !
Ainsi est né le « madelier d’écriture » : www.madtelierdecriture.blogspot.com (qui vient donc compléter « l’Atelier des madnautes », toujours actif).

Nous fonctionnons par sessions d’écriture d’environ trois mois sur un thème précis. Il n’y a aucune censure et nous ne sommes pas regardants quant à la longueur des textes (qui vont de la micronouvelle à la novella) ; idem sur la forme : nous acceptons la prose aussi bien que la poésie, le théâtre, le slam ou le charabia transcendantal. À la fin de chaque session, on demande aux lecteurs de voter pour leurs 3 textes préférés, et ceux récoltant le plus de voix se voient décerner les prestigieux « Tentacules », d’or, d’argent et de bronze.

Atelier d’écriture oblige, nous essayons un maximum de critiquer les textes de manière constructive… ce qui donne parfois des débats assez houleux, mais permet aux auteurs d’avancer ! (ou de camper sur leur position ^^)

De cinq participants au début, nous avons réussi à progressivement attirer du monde… Au bout d’un an et demi à ce rythme, nous nous sommes donc retrouvés avec énormément de textes, dont un certain nombre nous paraissaient « publiables ». Laisser des oeuvres travaillées « pourrir » sur un obscur blog connu des seuls initiés du forum Mad nous semblait dommage…

Par conséquent, avec les participants les plus motivés, nous nous sommes structurés en association loi 1901. Les Artistes Fous Associés sont nés le 1er Juillet 2012 !

Je suis le Président et Trésorier (je piquerais bien dans la caisse, mais comme celle-ci est vide…), Vinze est le secrétaire, Southeast Jones et Gallinacé Ardent les Vice-Présidents (plus « vice » que « présidents » d’ailleurs !).

Par le biais de l’asso, nous avons monté une maison d’édition associative : Les Editions des Artistes Fous, qui crée des anthologies de nouvelles (format papier et numérique) composées à environ 40% de textes issus du « madtelier d’écriture » (les autres proviennent d’appels à texte extérieurs). Vu le nombre de talents incroyables pullulant sur le forum Mad, il nous a paru naturel de faire aussi participer les illustrateurs…

Fin(s) du monde : 20 nouvelles pour en finir avec l’Apocalypse sont sorties en novembre 2012, et notre second bébé Sales Bêtes : animaux étranges et délires zoomorphiques sont venus au monde en juin de cette année (avec des illustrations en couleur). Un troisième recueil, dont le nom de travail est Folie(s), est en cours de réalisation (sortie prévue début 2014).

En tant qu’association, il nous tient à coeur de proposer le prix de vente le plus bas possible afin de diffuser au maximum nos ouvrages. Et vu que nous sommes fous, nous proposons même la version numérique de chaque livre gratuitement sur notre site !

Nous vendons en ligne (frais de port offerts !) et dans certaines librairies, notamment en région parisienne (Métaluna store, Scylla) et bordelaise (Mollat, La mauvaise réputation, La machine à lire, Pulp’s Bordeaux).

Outre des écrivains et dessinateurs en herbe, Les Artistes Fous Associés réunissent aussi des photographes, des musiciens, des cinéastes… dont les réalisations sont visibles dans nos galeries.

Parmi nos projets d’avenir figurent un court-métrage (après la pluie, presque entièrement tourné), une expo photo ou l’édition d’art-book… (une conquête de Mars est également prévue, mais je ne peux pas en parler pour le moment).

La gestion de tout ce petit monde se fait de manière cool, et les membres se sélectionnent tout seul ; ceux qui restent sont ceux qui aiment notre façon de travailler, les autres se barrent d’eux-mêmes.

Nous nous retrouvons sur les conventions de cinéma de genre (Gérardmer, le Bloody Weekend…), de littérature fantastique (Bagneux, Les Futuriales), de jeux de rôle parfois (Ludopolis) ou tout simplement pour aller boire des bières à Paris (en général au Houla Oups).

Le plus important à nos yeux est de ne pas trop se prendre au sérieux (aucun de nous n’est un professionnel de l’édition, on fait tous ça pour le plaisir), tout en livrant un travail de qualité.

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Chapitre 1 : Un rassemblement totalement insane

22 paragraphes, 8 lignes d’exposé, sur…

 

Fin(s) du monde

ou 20 récits pour en finir avec l’apocalypse

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J’ai eu la grande joie de découvrir leurs deux recueils dont voici la critique toute poulpèsque du premier. Plus qu’un simple livre d’histoires dévastatrices, il regorge d’illustrations et montages pour rallier tout le gang dans un fantastique phantasme apocalyptique qui se devait de nous préparer, car le mois suivant sa publication, le 21 décembre 2012, est arrivée la discrète fin du calendrier maya et ce qui en découle (et ce qui à trop coulé chez Poulpy). On est encore là, donc préparons nous pour la prochaine fête, car il y a bien quelqu’un qui a dû prévoir une autre date, 2020 par exemple (comme quoi les nouvelles poursuivent ce site). Si vous préférez vous rendre directement au chapitre deux pour la rencontre avec les membres des AFA, allez-y !

Par le message destiné à nous montrer à quel point notre fin est imminente, le début se veut déjà plein d’ampleur. On pourrait même dire qu’ils commencent par la fin : vouloir changer notre vision de l’avenir ? Qu’elle farce ! Comment arriveront’-ils à ça ? Par une SF visionnaire, surement dans un futur proche, à la façon d’apprentis Bradbury, qu’ils citent d’ailleurs ? Par de déprimantes visions de gens tuants des bébés phoques ? Voyons s’ils seront à la hauteur de l’exploit. Le jugé à la couverture n’est pas toujours infaillible, cependant le dessin de Maniak me plait assez, comme vous pouvez le voir, de jolies ruines balayées par le vent, synonyme de catastrophe? Non, signifiant de bonnes soirées d’hiver, et oui tout à fait, pourquoi pas nucléaire ?

Pour un poulpe aussi pessimiste, qui voit sa propre fin arriver sous la forme d’une pénurie de poissons qu’apporte la pêche intensive, ma vision n’a pas trop changé, mais c’est énormément diversifié sur les innombrables morts probables. Certes, nous qui lisons ceci ne sommes pas des néophytes pour qui l’avenir se décidera à la réception de la prochaine facture d’eau (quoique) et avons au moins une petite dizaine de films, si ce n’est de livres, à citer : the Road, Melancholia, Planet of the Apes et Planet terror, Terminator, Southland tales, Appleseed, Green sun, Survivors, the Fog… Si ça, c’est pas déjà plein de promesses ! Mais voyons plutôt le contenu de leur recette, si elle ajoute du piment à l’affaire.

Le premier texte de Southeast Jones, Émancipation, sent le tanin, sans tourner à la vinasse. C’est moins le cas de Stanley Grieves qui surjoue du filtre totoshop, mais l’image est là, elle est pas mal. Le court cas d’un homme reclus dans sa maison qu’il a peur de quitter, tristement monotone, passe en quelques détails sa vie lentement rythmée par les livraisons à domicile. C’est ainsi qu’il passera totalement à côté d’un fait étrange, incompréhensible pour se déconnecter. Ce n’est pas seulement la fin du monde, mais la fin d’un monde, le sien. Dans une société où l’information est primordiale, tout cela est dépassé, lourd de sous-entendus. Une mini nouvelle beaucoup plus amusante suivra l’auteur dans quelques pages, Click ! (voir plus bas)

S’il fait un bon prologue, la relève des deux illustres inconnus que sont Matieux Flux et Xavier Deiber prône un graphisme plus sombre, plus nostalgique et artisanal derrière un titre au ton TwilightZonien, Bibliophobia. Quelle autre maladie peut bien ronger cette nouvelle ? Nous sommes loin des références citées, et le monologue écrit telles les pensées que l’on jette aux alentours est un style brouillon que j’apprécie énormément, éloigné des fioritures, proche de l’âme de l’écrivain, aussi barge soit-il. Là se mêlent amour idiot d’étudiant et secte puritaine. Cette fin de monde inexistante l’est, de la même façon que l’autre, sans nuages qui s’ouvrent à toutes trompettes, sans cavaliers ni armée, juste pour une personne.

Vincent Leclerck, à ne pas confondre avec la tonne de personnes s’appelant ainsi, signe seul son histoire mignonnement appelée : Ma fin du monde. Mignonne n’est pourtant pas le mot approprié pour décrire ce que le titre dicte si bien. La fin du monde est intérieure. La fin du monde passe par tant de phases avant de s’immiscer pleinement dans notre esprit, qui a tellement de mal à réagir face à cet achèvement, cette énigmatique finalité, cette fatalité qui… Bon vous avez compris, ces trois pages ne dévoilant toujours rien du fantastique de l’oeuvre n’en disent pas plus que ces pensées peu folichonnes, qu’il faudra pourtant ressentir un jour. Oui, la fin est proche, nous dit-il à la manière de l’Artiste qu’il est. Je ne me repends pas, pour l’instant, et vous ?

Adam Roy se lance avec FloatinG pour un nouveau délice aux viscères pimentés, comme le montre cet entremets au futur désherbage. Après que vous ayez essayé de comprendre le sens de cette prose et passé la gravure toute en vers, vous tomberez tout comme mini moi sur Canicule, où le plat de résistance arrive, aussi cramé soit-il. Enfin, l’apocalypse ! Non ? Tout va bien…? C’est étrange, mais tout en lisant je suis pris d’une sorte de stress qui me fait dire le contraire. Intéressent, comme le réchauffement climatique à de l’effet sur les gens, dans cet impeccable jardin et cet impeccable voisinage, tandis que l’avenir se dessine chaudement et cruellement sur une terre partant en live. Un sulfureux digestif pour le moral !

De terre et de sang sera le premier texte que je lirais du boss de cette compagnie, Herr Mad Doktor. Pour une première, la touche féminine d’Ana Minski forme une peinture tout en couleurs, aux formes abstraites, plongée dans les hautes herbes et un mystérieux personnage. Ces étranges membres touche-à-tout ont gardé le vocabulaire d’horticulture pour, encore, une triste fin. La Terre, accompagnée de sa Nature, tous deux personnifiés, la première agonisant par la faute de ces enfants et subissant leurs règles à une tout autre échelle arrive à son terme en malade à bout de souffle croupissante dans un lit (mais vous connaissez déjà le fond de ma pensée, fidèles lecteurs…?). Cette histoire symbolique nous confond littéralement.

Suite à ce bel écrit, l’apocalyptique illustration du dernier séisme pou l’humanité, sent, c’est vrai, la sortie des beaux arts de Minuit57, c’est proche ! Aurons-nous le temps de visionner cette prophétesse de François Ali Wizard ? Une femme prédisant l’avenir avec une foule de détails créée la panique, car oui, c’est proche selon elle. Pas de doutes sur sa nature fantastique, non traditionnelle. Elle marque moins, non parce que les effets spéciaux dévastateurs se font attendre, mais disons qu’avec les high levels d’avant, elle est vide, sans second sens. Peut être est-ce dû au fait qu’on se sent moins avenant devant le duo de militaires stoïques qui en expriment autant qu’un personnage de série américaine déplacé et que j’aurais voulu mieux apercevoir le drame en arrière plan.

Par Aurélien Clause. Une nouvelle illustratrice aimant ces univers, ce qui est rare pour sa génération (et donc digne d’applaudissements) nous gratifie d’une énigmatique aquarelle appelant notre imagination à prendre le relais. Alors, qu’est-ce donc ce coup-ci, un hymne à la solitude de la part d’un dernier survivant ? Serions-nous préparés à nous retrouver, du jour au lendemain, face à l’inconnu ? Faut-il que nous soyons déjà perturbés pour réussir à passer le test de la survivance ? Ce texte à la première personne de cet homme fuyant le cauchemar de goules plonge dans un rêve pire encore, à la recherche de Noxos, île de réconfort où il retrouvera sa femme et sa vie. C’est triste (snifou) ces déambulations dans une ville morte.

Contrat, par Southeast, à nouveau, et de nouveau avec un dessin de Nicki, troquant les gris de la précédente pour les rouges démoniaques, car, dans cet humour noir, c’est bien les fonctionnaires les plus connus de la littérature qui apporte le contrat. Papier que le narrateur se fait une joie de signer puisqu’il le rendra immortel. Amusant, il a le gros avantage de partir très profondément dans une société futuriste qu’il visitera en touriste et qui ne périclite pas cette fois, mais continue son apogée parmi les étoiles. Là, il assiste à une fin des mondes quand la législation divine devient obsolète, que notre espèce s’est assez surpassée et qu’il n’y a plus de secrets, plus de découvertes pour ce dernier objet errant dans l’éternité. Il sait décidément marier les styles !

Ce recueil est si rempli d’auteurs et de textes que le défi se réalise, quelle charmante surprise ! Vinze Leclercq revient à son tour pour un impitoyable second texte. Je meurs comme j’ai vécu. Cette deuxième illustration de FloatinG draine gentiment le style comics. Une épidémie de niveau quatre, qualifierais le fils Brooks ce récit d’un homme beaucoup moins fin que le précédent : le registre change, s’adoucit dans les moyens, inversement à la forme (bin ouais, c’est des zombies quoi). Bien poilante et lourdaude à souhait, notre gras héros passe de survivant à mort-vivant, esprit tordu dans un tout nouveau corps qui gargouille. Un peu de rigolade dans ce monde de oufs ! Comme quoi, ça peut être pragmatique.

Gwendal, illustrateur, encadre ce texte étrange d’un patchwork shoggotique tout en yeux et bouches, se mettant à former une silhouette connue en même temps que le naaaan sortant grâce aux mots qui défilent devant nos yeux, c’est rigolo ! Le carnaval de cobalt par Ludovic Klein, un autre boss dont on m’a conté les mérites, vit de son art à l’autre bout du monde : l’art de nicher haut dans les livres, les jeux et je ne veux pas savoir quoi d’autre. Ce qu’il nous présente ici en un sublime what da fuck, que je vous laisse découvrir à votre manière, nous invite à une partie, en live, car en live est l’idée. Vouip, il n’y a qu’au Japon qu’on trouve des trucs aussi décalés. On ne se remet pas facilement de ce déstabilisant délire ludique.

Une pause s’impose pour poursuivre les nouvelles suivantes d’un illustrateur et cinéaste dans une société peu faite pour ce nouveau fou prénommé sobrement Vincent T. Sa présentation de deux scenarii : l’Apocalypse selon le prince Jean, n’a pas la note biblique que l’on pourrait croire et se dresse telle une grande farce, celle d’un survivant paumé, de notoriété publique, échappant à un virus (léger déjà-vu), se croyant seul, pour finir. Quant à Souvenirs, moins massacrant, reprenant cette Solitude, suivant l’autre, a des côtés tristounets qui auraient eu un meilleur rendu à l’écran. Tout ça agrémenté d’un montage photo d’une Paris au bord du gouffre, pour donner le ton de, qui sait, un futur projet ? La moins réussie, certes, mais elle montre la diversité de ce corps d’Artistes.

Le centre de cette anthologie, comptant déjà une douzaine de textes, la fait continuer sur sa lancée avec un staff tous neuf, Marie Latoure, et Stab Bertoa, fêtant la fin du monde dans un cadre joyeux de foule entremêlée joignant l’image au titre : Youpi ! On va tous mourir ! Et c’est en liesse que ce monde ravi d’être à nouveau libre et insouciant, profitant pleinement des derniers instants. L’abattement de la monotonie cède, face à celui d’un météore. Cependant en plein chaos de la fête, tout le monde se rend compte que la détestable société était bien pratique ! Critique avisé de l’humanité qui ne s’affranchira jamais, des médias, du peuple, de toute la stupidité ambiante et tournante. Comment rentabiliser l’évènement ?

Miss Minski, à, l’illustration spectrale, nous peint un autre tableau, un Soleil Vert non caché où la seule chose vivante existant toujours est ce virus qu’est l’humain, grignotant tout à outrance dans une caricature grotesque de boulimiques cannibales. À côté de cela le bétail se forme en meutes, régressantes. Si cette partie figure un conte, où les tribus chérissent une divinité du nom de Khao-Okh, ancienne figure d’un monde disparu, elle s’oppose à cette autre société où même les objets sont en os et peau. Même si le style ne me tente pas, c’est assez visionnaire, car, de nos jours où nous traitons les animaux pires que des esclaves, des objets sans conscience, qui sait si plus tard nous ne pousserons pas le vice jusqu’à nous asservir nous même de cette façon.

Ce poème, Crise tentaculaire d’Herr Mad Doktor cthulhute à fond jusqu’à l’illustration de Deiber qui ne manque pas d’indicibilité avec un Poe moderne toujours désabusé. Pourtant, ces alexandrins sont l’actualité incarnée. Décrivant la routine du monsieur Tout-le-Monde dans une vitrine prônant la misère, pleine d’humour noir. En surfant, il réveille l’Apocalypse (et gentil compagnon), content enfin d’arrêter de fthagner : notre vert, notre gluant seigneur des abysses. C’est tellement marrant, surtout la personnification de la bête faisant son boulot, semant le chaos et la désolation, et s’amusant autant que nous devant tout ça. Pas besoin d’être un adorateur pour comprendre et bien rigoler, c’est ma préférée !

Notre Maniak à la couverture nous invite au sein du Club de la fin du monde (peu gentlemans), illustré trop simplement par Kenzo Merabet, et nous prédit un autre démon d’un autre culte, celui avec des cornes. Il ne vole pas haut celui-là. Un coureur de jupons qui se retrouve catapulté dans une cérémonie tout ce qu’il y a de plus classique, jusqu’à la fille à poil et le sacrifice. Quand Satan arrive et, avec notre cher protagoniste, organise la  fin du monde. Pas aussi poilant que les autres, mais sympa (et obligé), il se laisse lire. Ce recueil à des passages tristes, amusants, anodins ou bien foutus, il n’est pas vraiment équilibré, mais suit une logique qui n’a pas dû être facile à mettre au point (compliment !). Passons à présent les bouquetins…

Ce cher auteur nippon, Klein-san, a encore un extravagant texte dans sa poche qui se passe d’illustrations tant les onomatopées bizarres en créent. Le Gloubon, et bin je sais pas si c’est à lire, à ce point-là, reprend le wdf du bouton (vous savez le truc sur lequel on a envie d’appuyer pour voir ce que ça fait, surtout s’il est rouge) dans Click ! (par Southeast Jones) pour deux autres pages moins H2G2 que ces consoeurs et… Heu, minimaliste dans le style. Quoique nous nous imaginons bien quel genre de bruits ça doit faire, quoique ce soit qui les glougloute… Nan, c’était une blague, à faire rougir les gargarismes des lapins crétins : what da ! Elle transite entre les genres des lectures passées et futures, en zone pas très neutre (comme d’autre d’avant).

Enfin un peu de profondeur ! L’illustration de Deadstar44 est réussit, un peu SF classique (fille à poil !), mais ce que je préfère ce sont les peintures étoilées de Minuit qui, cette fois encore, se passe de logiciel pour de jolies rendus. Corvis, quant à lui, ne c’est pas foulé pour le titre : La fin du monde, se réservant pour ce technique récit spatial plus que spécial. Une équipe d’astronomes entre dans une aurore boréale afin de faire des relevés. Cette fin dans un futur proche est observée depuis une station en orbite contant les derniers survivants du cataclysme causé par une météorite non identifiée. L’attirante protagoniste sent son heure arriver lentement en contraste avec ce qui était la Terre. Le groupe doit à présent survivre comme il le peut, étant son propre danger.

La conclusion de Southeast, tirant un sourire en coin, clôt le spectacle. Un bonus suis tout de même, d’une certaine Diane, d’un dernier graphisme tofografique de Deiber, un Grand Lamento déconcertant, mais lisez vous même le show ! Puis viennent les remerciements, nous tournons la dernière page… Et ainsi s’achève ce traité d’apocalypse ! Cette prometteuse éditions ne manque pas d’originalité et de concepts intéressants, qui mériterait une meilleure publication. Vous ai-je fourni assez de raisons de le lire ? Trop, comme d’habitude. Voici le lien où vous pourrez au choix le commander pour une version papier pas chère, en noir et blanc (et ainsi montrer votre soutien) ou le télécharger, histoire de jeter un préalable coup d’oeil : Les éditions des Artistes Fous

…Leur deuxième, Sales bêtes ou animaux étranges et délires zoomorphiques, qui comporte une nouvelle en plus (téléchargeable elle aussi), sera pour une prochaine fois, si l’envie me prend et selon le succès de ce long numéro. Un troisième opus est en cours, ayant pour thème la Folie et tout ce qui en découle. Nous devrons bientôt voir de quoi il retourne et s’ils sauront se distinguer des auteurs qui l’apprécie au point d’écrire d’innommables patates. Je n’en doute pas et m’attend à au moins cette même qualité si ce n’est cette profonde passion commune, l’étant si peu. Sachez qu’ils sont tous sont disponibles sur un site qui ne demande que des encouragements pour se lancer vers de vertigineuses hauteurs. Ah, je jalouse le talent de ces cultivateurs AFA !

Prévue le 21 décembre 2012 (selon les Mayas ou Hollywood) ou pour dans 3 milliards d’années (selon les astrophysiciens) ; consécutive à un désastre écologique (toujours Hollywood) ou à la collision de notre galaxie avec sa voisine (toujours les astrophysiciens) ; qu’elle soit d’origine humaine ou d’intervention divine… la fin du Monde a toujours été au cœur de nos fantasmes et de nos peurs.

Pour perpétuer la tradition, Les Artistes Fous Associés vous invitent à découvrir dans ce recueil 20 récits d’Apocalypse illustrés. Épopée cosmique et bouffonne en rimes et en vers, odyssée hallucinatoire d’un dernier survivant sans cesse rêvant d’un ailleurs hors du temps, recueil de fragments de vie étranges et menaçants dessinant la fin du monde façon puzzle, farce fellinienne sexuelle et féroce, et tant d’autres : venant des quatre coins de la francophonie, des auteurs et des illustrateurs débutants comme confirmés vous font partager leur imaginaire et une part de leur folie. Comme un baroud d’honneur face à l’anéantissement collectif.

babelio.com


Chapitre 2 : rencontre au pays des fous

  1. Les artistes de l’image

Artisanal on non, passant de tableaux, à BD, crayonnés, et montages, nous voyons de tout. Mieux vaut laisser le texte à préparer une galerie où nous y retrouverons des traits familiers, pas ceux de tout le monde, ils y en à trop, mais certains :

Le coup de coeur du poulpe : Maniak

http://caixao.canalblog.com

Ses collages, ses montages, de ses totems à ses textes, tout forme un magnifique blog…

 

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Et les autres :

Canard Fessée

FloatinG

Naamlock

l’Ananas à Cheveux

cAmille

(le reste de cette famille, sur le site, dans le coin des artistes)

 

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Place aux photographes :

Phenixx

FloatinG

Marmote

ObsidieNN

(le reste de cette famille, sur le site, dans le labo photos)

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  1. Les artistes de l’écran

Par Corvis, qui, avec Naamlock et Adaret, anime la salle de projo’ :

(à voir sur le site too)

Ce dernier ne m’ayant pas donné de nouvelles malgré le délai qui, depuis octobre, n’a pas arrêté de se repousser, il va falloir faire sans. (j’ai un peu de ressentiment à cause de son absence de réponses, mais peut-être à t’il de bonnes raisons) Eh oui, nous sommes à présent en 2014 et le terme « associatif »  reste péjoratif et synonyme de longue attente ! À par cela, ce groupe reste intéressant, emplie d’artistes doués et à un président bien sympathique. Dommage qu’il y ai quelques problèmes de communication, car, vous vous en doutez, c’est une chose bien importante pour cheminer vers la célébrité. Souhaitons leur bonne chance et bon courage pour la suite…

L’asso produit aussi des musiques par Mochi & Gut Productions et, encore, Naamlock qui à réalisé un point and click, Far Nowhere, le tout dispo à la même adresse :

http://www.lesartistesfous.com/

Comme quoi, il y en à pour tous les goûts,

jetez-y un ou deux, ou trois, ou plus, neuneuilles !

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Facebook : https://www.facebook.com/LesArtistesFousAssocies

Twitter : https://twitter.com/LesArtistesFous

Le madtelier d’écriture : http://madtelierdecriture.blogspot.fr/

 

Et maintenant, un petit album photo, cadeau du Doktor !

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