Les Sanglots du Diable par Corinne Philippe by Poulpy

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Hello everydwarvy !

Pour notre nouveau partenariat avec les Éditions des Tourments

je vous propose de découvrir une de leurs nouveautés,

Les Sanglots du Diable par Corinne Philippe

Le premier recueil fantastique de cette auteure de thriller, et qui dit nouvelles dit… Critique de Poulpy ! Doublée, bien sûr d’une interview exclusive et d’une présentation de cette petite édition…

Commençons par là :

Ces éditeurs alsaciens, d’ailleurs présents au Bloody weekend, nous ont accordés un peu de temps et un peu de leur catalogue, merci à eux, rendons leur comme il se doit.

Essentiellement associatif, ils sont parvenus à réunir des collections aux thèmes divers, la collection d’Encre Sélène d’héroic fantasy, d’Encre noire qui comme sont nom l’indique est tournée sur les romans policiers, et bien sûr la collection Abysse, du fantastique à la Weird Tales, que nous retrouvons pour cette fois. Ils proposeront aussi les traductions anglaises de leurs livres, mais ce qui m’a surtout plu, c’est leurs ebooks, accessibles à tous pour environ 3€, qui font ressortir de nouveaux auteurs pour de petits prix, ce qui n’est pas rien.

Collection Abysses : fantastique, horreur, gore, ambiance sombre, les premiers maîtres d’œuvre de cette nouvelle collection impitoyable. Âme sensible, passe ton chemin.

Si cette critique vous plait, n’hésitez pas a vous procurer un ePub, ou si vous n’avez pas de liseuse, un exemplaire papier, à cette adresse, avec les compliments du chef : Les Sanglots du Diable

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Jean-Christophe Malevil,

Les Éditions des Tourments ont été créées en octobre 2010. Au départ, c’est la volonté de faire éditer un livre, le mien, Les Abysses Bleus, car je suis également auteur (mon nom d’auteur est Jean-Christophe Malevil…) J’ai rencontré beaucoup de difficultés, de nombreux refus ou bien des maisons d’éditions qui voulaient bien éditer mon livre, mais qui me demandaient surtout beaucoup d’argent pour le faire ! Alors, au lieu de me tourner vers l’autoédition, je me suis dit qu’il serait préférable de fonder ma propre maison d’édition. Mais à ce moment, je ne savais pas si j’allais par la suite éditer des auteurs ou non… Je suis donc le premier auteur édité par les Tourments !

À partir du moment où j’ai fat un peu de pub pour mon livre, des auteurs se sont approchés de moi afin de me proposer leurs écrits… et j’ai commencé à éditer des gens à compte d’éditeur.

Il n’y a pas vraiment de règles quant aux choix des auteurs, cela est très très subjectif ; par amitié, j’ai édité 3 petits recueils de poèmes, mais je ne le ferai certainement plus jamais. Il y a eu de belles rencontres, je pense à Christophe Pellegrini et à son court roman Heurts Coupables ; c’est une publicité sur internet qui a fait que nous nous sommes rencontrés et sommes finalement devenus amis ; j’aurais aimé écrire son livre : l’écriture de Christophe est passionnante, l’histoire, violente et l’atmosphère colorée de culpabilité… Bien souvent, la rencontre commence donc par l’envoi d’un manuscrit, je fais attention à la façon dont il est accompagné, le titre du roman compte aussi beaucoup, cela me donne envie ou pas de le lire ! Je déteste les lettres du style « Éditez-moi, merci » (j’en ai reçues !) Je fais aussi beaucoup de rencontres sur les salons et autres fêtes du livre ; là, je vois physiquement un auteur ; si son univers me plait et que le courant passe bien entre nous, je lui propose de travailler avec moi. C’est le cas de Davy Artero, de Corinne Philippe ou bien encore Sébastien Ortiz.

L’édition coûte cher, mais les auteurs avec lesquels je travaille sont à compte d’éditeur, c’est-à-dire qu’ils ne paient PAS pour se faire éditer. Il y a plusieurs étapes ; une rencontre, celle ‘un auteur ou d’un texte, ensuite la lecture et la relecture du manuscrit (par l’auteur, une tierce personne et moi.) Je privilégie la vente sur les salons du livre et fêtes du livre et sur le site de mes éditions ; j’essaie de faire un maximum de salons dans l’année, j’y invite des auteurs et il m’arrive aussi d’envoyer des auteurs présenter leur(s) livre(s) dans d’autres salons ou médiathèques… et parfois organiser une dédicace dans un centre commercial ou une librairie. J’ai aussi un distributeur pour mes livres numériques ; et il peut m’arriver de proposer une édition uniquement numérique (à compte d’éditeur).

En ce qui concerne des thèmes, je me tourne de plus en plus vers le fantastique, le roman sombre et l’heroic fantasy ; j’ai aussi des coups des cœurs qui n’ont rien à voir avec ce genre : je viens de sortir un roman policier humoristique : La victime n’était pas au rendez-vous, de Jean-Claude Letzelter. Mais j’ai surtout envie de faire dans le fantastique (cela englobe tellement de choses…)

Des projets ? Beaucoup : du livre audio tout d’abord. Je sors en effet début décembre une série d’interviews. Le projet m’est tombé dessus par hasard dans la rue alors que je parlais avec un ami. Une femme nous a demandé si on connaissait une façon de contacter des radios afin de présenter des interviews qu’elle avait réalisées autour du thème de… la mort ; bien sûr, cela m’a tout de suite intéressé et je lui ai proposé d’éditer ses interviews. Chose donc faite et sortie prévue en décembre ! J’aimerais aussi recevoir des manuscrits « audio »… Mais je sais que leur conception n’est pas aisée. J’aimerais réaliser un recueil de BD très noire, très violente en noir en blanc, avec des auteurs de toute la France… J’aimerais aussi publier un hommage à Lovecraft…

http://www.editionsdestourments.fr

 

Corinne Philippe,

Née à Paris le 06 novembre 1961, Corinne Philippe a passé le plus clair de son enfance en Bretagne au contact d’une grand-mère passionnée de romans policiers et d’un oncle féru de cinéma. Ces deux personnes lui ont transmis un goût prononcé pour les polars noirs et une réelle passion pour le cinéma. Attirée dès son plus jeune âge par l’écriture, elle ne concrétise son premier roman, Le Tueur aux Étoiles, qu’en 2010. Ses influences sont issues principalement du cinéma américain et elle avoue passer plus de temps à visionner des films et des séries qu’à se plonger dans la lecture. Passionnée par l’histoire des États-Unis, par tout ce qui touche aux avancées scientifiques de la police criminelle et par les études menées sur la psychologie des tueurs en série, elle a lu beaucoup d’ouvrages rédigés par Stéphane Bourgoin sur ce sujet. Elle affiche également un grand intérêt pour tout ce qui touche au monde du fantastique et du paranormal.

Sont quatrième livre pour ces éditions clache un peu par rapport aux précédents thrillers et sa série, Corpus Christi dont le volume deux viens lui aussi de sortir. Mais elle n’en est pas à sa première nouvelle, sa publication de l’Exorcisme selon Saint Marc, dans le recueil Requiem, reprend son thème de prédilection, le côté sombre et les démons de la religion chrétienne.

 

Les Sanglots du diable,

Un recueil de douze nouvelles fantastiques qui vous entraîneront sur des chemins tout aussi dangereux qu’effrayants.

Une jeune romantique accroc à son journal intime, une maman prête à tout pour ses enfants, un accident de la route qui perturbe la victime, des enfants aux jeux cruels, un manoir à la sinistre réputation, un anniversaire propice à une grande réunion, un chat qui entre dans la vie d’un couple, une femme rendant service à un aveugle…

Voilà quelques situations et personnes que l’on peut croiser tous les jours, dans notre vie quotidienne.

Des situations et des histoires banales.

Ou presque…

Car les protagonistes vont découvrir que les choses sont parfois loin d’être aussi simples qu’elles le paraissent.

Alors, préparez-vous à découvrir le revers des confessions écrites, des enfants sous un nouvel angle, des gens morts… ou pas, des supercheries qui n’en sont pas toujours, un chat noir qui ne porte pas forcément malheur…

Ces 12 nouvelles vont vous entraîner sur des terrains inattendus, au sein de quotidiens bouleversés par des phénomènes fantastiques qui affecteront des vies à tout jamais. En bien ou en mal. Dans les sourires ou dans les larmes.

Mais sachez ceci : le diable aussi peut pleurer.

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J’ai essayé de faire du fantastique ancré dans le réel. C’était la première fois que je me lançais dans le fantastique… habituellement, je suis beaucoup plus thriller… C. Philippe

L’idée du recueil m’est venue parce que j’étais dans une période où je n’avais pas le temps d’écrire des textes longs. J’avais entamé l’écriture de Les Disparus de la Route 37, mon troisième thriller, mais j’étais en plein déménagement. J’ai donc mis le roman de côté et comme j’avais quand même envie d’écrire, je me suis dit “pourquoi ne pas faire un recueil de nouvelles ?”. Pour changer un peu de l’ambiance polar, comme je suis également très attirée par tout ce qui est paranormal, fantastique, horreur, j’ai eu envie de m’essayer à cet exercice.

Je lis très peu, je passe plus de temps devant des films et des séries que devant un livre et si quelque chose a pu m’inspirer, il faut plutôt chercher du côté cinéma ! Dans ma bibliothèque on trouve surtout des ouvrages sur la psychologie des criminels et autres serial killers, des livres qui traitent de sciences forensiques et également des ouvrages écrits par des médecins légistes.

Pour en revenir à ce recueil, j’ai cherché à aborder plusieurs thèmes, la lycanthropie, les métamorphes, les revenants, les lieux hantés etc… tout en essayant de rester un pied dans le monde réel ! Je veux dire par là que j’ai voulu garder une logique dans mes histoires, une cohérence, du rationnel dans l’irrationnel. Je ne sais plus qui m’a dit que dans le fantastique, on pouvait à peu près tout se permettre, mais finalement, je me suis aperçue que je n’arrivais pas à tout me permettre et que ces nouvelles, je les ai écrites de la même façon que j’aborde mes thrillers, avec un fil conducteur tout en essayant d’entraîner le lecteur sur des fausses pistes en gardant une surprise pour la fin. Pour moi, c’est cela qui a été le plus difficile, mettre de l’imprévisible dans les chutes et surtout de le faire 12 fois de suite. J’espère y être parvenue, même si certaines nouvelles sont certainement un peu plus prévisibles que d’autres. Je pense qu’un jour, je tenterai de me lancer sur un roman fantastique, sans doute une fois que j’aurai terminé le nouveau thriller que j’écris actuellement. C’est une idée qui me tente beaucoup.

Je ne sais pas vraiment ce qui m’a donné l’envie d’écrire…en réalité, depuis l’enfance, j’ai toujours couché des mots sur le papier. Comme beaucoup, j’ai commencé par des petits textes, des poèmes, un bon nombre de paroles de chansons également que j’ai toujours gardé pour moi, sans tenter d’en faire quoi que ce soit. J’écrivais juste pour le plaisir d’écrire, et ce n’est que tardivement, en décembre 2010 précisément, que je me suis enfin décidée à écrire un roman. Je me suis lancée dedans un peu comme on part à l’aventure, sans savoir si j’allais être capable d’aller jusqu’au bout. Un mois plus tard, j’avais écrit Le Tueur Aux Étoiles. Depuis, j’ai renouvelé l’expérience en écrivant deux autres thrillers et le recueil de nouvelles.

Lorsque j’ai commencé à écrire le premier, j’ai tapé quelques pages avec une action qui se déroulait en France, à Paris ma ville de naissance. Au bout de quatre pages, j’étais bloquée et je ne parvenais plus à avancer. J’ai décidé de transposer la première scène à Central Park, et là, c’est venu tout seul. J’ignore pourquoi je me sentais nettement plus à l’aise avec un récit qui se passait aux États-Unis, mais je pense que ça vient de ma culture cinématographique qui s’est toujours située de ce côté de l’Atlantique.

Pour écrire un thriller, la façon dont je travaille est assez simple. J’ai une idée de l’histoire, de comment les crimes vont se dérouler. J’effectue quelques recherches, surtout pour vérifier que ce que j’imagine est scientifiquement crédible, je trace une petite trame avec un début, une ou deux fins possibles et je me lance dans l’écriture. Bien souvent, les personnages, les lieux, les scènes me viennent au fur et à mesure. Disons qu’au départ, je connais le coupable et ses motivations. Je sais d’où je pars, et j’essaie autant que possible de savoir où je vais, même si en cours de route, je prends des chemins de traverse qui ne sont pas prévus à la base. L’important c’est que ça reste fluide, cohérent, qu’il y ait du suspense, des surprises et de l’action ! J’ai tendance à visualiser les scènes qui se déroulent dans mes livres comme des scènes de film et la partie du travail que j’apprécie le plus, c’est l’écriture des dialogues (encore mon côté cinéphile qui ressort). Je les répète souvent à haute voix pour mieux me rendre compte de ce que cela donne. Une fois que le livre est terminé, il reste l’appréhension de savoir s’il va plaire aux lecteurs, et les critiques que l’on reçoit, qu’elles soient positives ou négatives sont indispensables car souvent constructives. C’est pour cette raison que j’apprécie que l’on me dise ce qu’on a aimé dans le livre, mais également ce qu’on a moins aimé, voire pas aimé du tout, et j’essaie dans la mesure du possible d’en tenir compte dans le livre suivant.

Je n’ai pas d’objectif précis, à par celui d’écrire d’autres livres et de continuer à partager de très bons moments avec mes lecteurs que ce soit sur les salons ou par le net. Pour ce qui est de mes projets, j’en ai quelques-uns. Tout d’abord terminer le thriller que je suis en train d’écrire. Encore quelques mois d’attente, car je viens seulement de boucler le prologue. Je peux vous dire qu’il sera encore question d’un serial killer et que l’action se déroulera dans la ville de Phoenix en Arizona. Ensuite, j’ai un projet qui me tient beaucoup à coeur et qui devrait avancer prochainement, il s’agit de la co-écriture d’un scénario avec mon ami le réalisateur Erik Blanc. Il a d’ailleurs donné un petit rôle à trois de mes livres lors de son dernier tournage pour le long métrage Über Nacht – Pendant la nuit en les faisant apparaître dans le film. J’ai également l’envie de me lancer dans l’écriture d’un roman fantastique et dans celui d’un ouvrage qui ne serait pas une fiction et qui reviendrait sur les crimes des tueurs en série français. Donc pas mal de projets et de pain sur la planche.

Et si j’avais un mot, un message à transmettre à vos lecteurs, c’est déjà que je suis très heureuse de faire leur connaissance par le biais de votre blog et je leur dirais aussi qu’il faut toujours croire à ses rêves et de ne jamais rien lâcher.

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Patrice Rozet, compagnon de Corinne Philippe à qui nous devons les illustrations de ces volumes et une collaboration pour la nouvelle le Repas :

Corinne est ma compagne. Je suis son premier lecteur, et je lui fais toujours un feedback sur ma manière d’appréhender ses écrits. Nous avons écrit cette nouvelle en commun, car j’ai eu une idée précise sur la nature du personnage principal qui n’apparaissait pas du tout à la base, et elle m’a laissé réinventer sa nouvelle. Je lui apporte souvent des idées ou des conseils, mais elle reste maitre de son travail. À ce jour, nous n’avons rien écrit d’autre en commun.

Pour ses illustrations, j’aime le travail sur l’image, donc je réalise ses couvertures souvent à l’aide de photos réelles retravaillées sur un logiciel de dessin.

Pour l’écriture, il m’est arrivé d’écrire dans la jeunesse, j’ai participé à deux sites en tant que journaliste (le site UNIFICATION et le défunt DIZART). Je n’y participe plus (DIZART car le site est hélas arrêté (sans rapport avec le site des éditions DIZART), et UNIFICATION, car je n’adhérais plus à leur ligne éditoriale). Je travaille actuellement sur un roman, mais je n’en suis qu’au début…

http://www.unificationfrance.com/

Place au texte !

Comme on pouvait s’en douter, cette fois encore les histoires se déroulent chez l’oncle Sam dans un style emprunté à un King, tenants plus du scénario de série qu’à du classique tel qu’on en voit chez notre autre ami de la Clef d’Argent, ce qui change énormément, mais pas forcément en mal, je vous rassure.

Les coups de cœur :

La légèreté du recueil fait plaisir pour les après-midi ensoleillées ou les pannes d’ordi ou de télé. Si vous êtes une de nos lectrices et que la sensibilité vous manque dans vos livres, vous retrouverez ici tout le catalogue. Rapide et simple à lire, cette recette toute en maisons hantées et fantômes de tout poil, et leurs suites…

 

Première partie :

Tony

Cette première nouvelle est remplie d’images connues, celle de la mère aimante et de son fils, le genre de tête blonde que tout le monde aimerait avoir, arrivant dans une nouvelle ville, une nouvelle vie et une nouvelle maison, après un divorce difficile. Ce cadre, un des classiques du genre, est déjà enclin à nous plongé dans une histoire de film d’horreur américain. On s’attend dès le début à voir disparaître le bambin, à voir arriver la police et les questionnements sur la santé mentale d’une mère célibataire et bien sûr, le petit quelque chose de flippant, fantôme ou psychopathe habituel. À ce moment-là, nous nous demandons : est-ce la maison ou l’enfant qui est hanté ? Et bien sûr, la plus redoutée : est-ce que le chat va mourir ? Et puis on se souvient du titre, cet étrange garçon, Tony.

Le rythme est très bien, on passe du cadre famille heureuse (même trop, niveau mormon, si vous voyez le genre) aux visions fantomatiques d’un flippant garçon, à un épisode de Twilight Zone. Et ça, sans que survienne de longueurs. Elle reste sobre et passe à l’essentiel, avec un bouleversement assez inattendu à la fin, fin qui d’ailleurs ne prédit pas un retour à la normale. Là où aurait pu se trouver une histoire de clichés à répétition se place en fait une bonne intro, mignonne je dirais, qui sans être extraordinaire est bonne (un peu d’horreur et de description du fantôme aurait été tout de même pas mal).

Katy

Placée près de Tony, elle aurait fait fureur par la répétition du thème : un couple, cette fois, emménage dans une nouvelle maison. Pendant la nuit des pleurs d’enfant se font entendre… L’ambiance ne suinte pas des pages, l’instinct maternel est une nouvelle fois en avant dans ce duo sans histoire. La femme aimante au foyer, l’homme, travailleur viril, encore un tableau habituel. Nous ne sentons pas la joie d’un jeune couple et nous nous disons que, comme toutes, elle se finira mal et que, si ce n’est pas dans la première, les psys vont débarqués, remède contre toutes les visions cauchemardesques (ou pas, du point de vus hollywoodien). Le détachement de l’auteur pour les classiques, transcrivant des thèmes modernes, des tournures courtes et efficaces aux clichés de séries TV, prend une fois de plus son ampleur. Toutefois, nous pouvons remarquer le rapprochement avec le mythe du golem lorsque la femme, en transe, sculpte une statue de glaise d’une petite fille, Katy.

La suite de l’histoire n’a aucune explication logique, en fait elle s’arrête brutalement en une chute qui stoppe net les élaborations que l’on aurait pu faire. Les enfants démoniaques, car tout le monde sait qu’il y a rarement quelque chose de plus effrayant qu’un enfant, sont à l’appel, de même que les héroïnes et les histoires de voisinage. Comme la dit Corinne Philippe, trouver une conclusion à l’histoire en une vingtaine de pages s’avère être la partie difficile. Si cette partie est moins réussie que dans la première, les résumés sont eux aussi moins flagrants. À présent, il est temps de jeter un œil au cœur du livre.

Le puits

Une nouvelle famille et un nouveau déménagement dans une nouvelle maison un peu trop grande, une un peu trop bonne affaire dans un quartier résidentiel propice aux histoires. Avons-nous le fil conducteur ? D’un côté, les monologues d’un homme étrange vivant dans une cabane au fond du jardin près d’un tragique puits. De l’autre un radieux couple et deux fillettes s’installant à l’autre bout de la propriété qui, oh bin ça alors, entendent des choses étranges pendant la nuit, en direction du puits où, quelques années auparavant, la femme de l’homme trouva la mort. Il faut dire que ce qui touche plus ou moins aux caveaux, sous-sols, et bien sur ceci, on en commun l’attirance macabre du : qui a t’il en dessous ?

La chose dont on se doute finit par arriver, l’une des sœurs se faisant menacer accuse la deuxième qui, forcément, aura droit à ces séances chez le psy, passage obligé. Pourtant, il y a un truc pas net, déjà, j’ai ma petite idée de la fin (oui, parce qu’on s’en doute de celle-là). J’aime bien cette histoire, les réactions des personnages, l’ambiance… Elle est sympathique à lire, ou plutôt à voir. Ce sont de petits scénars qui donnent faim !

Le manoir Bishop

Cette histoire m’a rappelé plusieurs films et livres, pour vous dire que la reprise a souvent été dans les esprits des férus d’occultisme. Un magnifique manoir, un groupe de curieux organisant une séance : nous sommes en terrain conquis. Il est plus facile de s’identifier à ces personnages qu’à ceux d’une famille modèle, ça nous semble plus réaliste. Les descriptions des lieux et des pensées sont plus détaillées, mais garde la tournure. Qui n’a jamais rêvé de passer une nuit dans un magnifique manoir plein de spectres ? Là encore, la fin et le récit n’ont rien de passionnant, mais nous suivons les tournures en courant à l’aveuglette, au même titre que les protagonistes, paumés dans un manège effrayant.

Effrayant, n’est peut être pas ce que nous ressentons, mais les images sont fortes, et nous parle. Pour un roman tout public, nous avons aussi droit aux images religieuses et au folklore de catho. Avec elle se clôture la première moitié du livre devant les portes de la… :

 

Deuxième partie

Survolons, pour plus de surprises !

Les sanglots du diable

La beauté du volume, répétitive, mais inventive. On y côtoie la haute opinion de l’écrivain pour les enfants (personnellement je les trouve diaboliques) et les drames d’une famille dont les proches meurent peu à peu dans de violents accidents qui se perpétueront, orchestrés par une puissance maléfique. Plus l’histoire avance et plus les indices conduisant à l’aîné des deux garçons se font sentir, pendant que la mère, célibataire, accueille un chien pour tenter de renouer les niards avec la bonne humeur. Une énigmatique sorcière et une chasse aux démons se profilent, nous retrouvons l’ambiance d’un mini polar, tel Amity Ville, la maison du diable. Les suspicions d’église et les malédictions perdent en intensité face au peu de “jeu d’acteur” de la mère, les fils, quant à eux, n’aspirent pas confiance. Cette nouvelle-là est à lire, il n’y a pas plus à en dire que dans les paragraphes d’avant, pourtant je vous conseille son côté théâtral.

Définitivement mort

Cette seconde portion perd ces histoires pour repartir avec un nouveau couple dont le mari, après un accident, fait une EMI et, tel un épisode d’X-files, échange son corps avec une autre âme. Ce nouvel individu, tentant de reconstituer les souvenirs de sa vie antérieure va vite se rendre compte du fantastique des évènements (qui sont bien trouvés), même si la conclusion n’est pas une surprise. Je suis un peu resté sur ma faim, car il n’y a que la base qui soit réussie, les personnages, à force, finissent par se ressembler (ce n’est tout de même pas un plantage).

 Happy birthday : Courte nouvelle, bien marrante, tombant sur :

Morte un 4 juillet

Deux amis, pour la fête nationale, rendent visite à une cartomancienne qui leur prédit un drame imminent à base de loup. Pour un livre assez « féminin », ces thèmes ne sont pas clichés et, cette fois, la chute est bien amusante. On sort complètement des histoires de fantômes, pour une nouvelle légende urbaine qui me fait préféré cette partie aux autres nouvelles un peu trop proches du début.

Les six doigts de la main

Avec ce titre, on souhaite passer un bon moment, qui arrive. Le point de vue, cette fois, est celui d’un enfant qui va se retrouver dans une maison abandonnée, dite hantée, suite à une mauvaise blague, avec une bande pas très gentille. Le scénar chuchote son pesant d’apparitions et, ça faisait longtemps, le drame arrive. Cette nouvelle est bien faite, car, après le duo d’amis de la précédente, trouver un garçon, le souffre-douleur du quartier, et un groupe comme celui-ci tranche assez avec les habitudes, en en reprenant une autre. Elle est mieux développée que la précédente, au fur et à mesure on prend du plaisir à lire ce texte, surement un de mes préférés, en parlant de trancher…

Le chat

Les chats, surement les êtres les plus innommables de cette planète. Des créatures cruelles emballées dans une fine couche de poil, planquant leurs instincts diaboliques sous leurs mignonnes mimiques. Ce sont de vils, de perfides prédateurs, dont un de ces exemplaires trouvera refuge au sein d’un couple au mari que personne n’aimerait avoir et qui, lui, ne cache pas sa méchanceté. Seulement ce chat-là est assez sympathique et liera une relation très particulière avec la femme battue, cherchant sa liberté. Voilà comment se termine ce livre : avec fracas.

 Les plantages :

L’irrégularité du volume fait mal à voir. On plane loin, trop loin, un peu comme si l’auteure s’était bloquée sur certains passages, c’était censuré, se qui est dommage, car des histoires fantastiques, ou d’horreur, américaines à la sauce française, et surtout féminine, est un projet intéressant. Il pêche par excès de purisme, de puritanisme. Oui, on sent bien son américanisation, mais ce qui est un défaut chez eux se retrouve ici. Pour moi, bien sûr c’est un mauvais point, mais pour vous, si c’est ce que vous recherchez, vous trouverez ça plus palpitant. Sur ce, je retourne à mes messes noires et mes cadavres en putréfaction en vous laissant avec une liste des nouvelles qui n’ont un peu déplu :

Cher journal

Un autre style populaire : le journal intime. Moi qui n’aime pas ce style, je l’anticipais mal, et pourtant… Cette histoire greluche à fond, une femme cherchant l’amour, encore ce serait à la Bridget Jones, mais le style n’y est pas. Pour le coup, ça fait ado : l’écriture de la scène finale et à peu près toute l’histoire manque de panache. En fait, elle manque de figure, de développement. En faisant preuve d’imagination, on peut entrapercevoir les non-dits, mais dans une histoire violente, ne cherche-t-on pas le dégoût, l’angoisse ? Je n’ai pas été “transporté”, et ça me fait mal de dire ça, car c’est la basse besogne des critiques qui ne font jamais du bien, mais je n’ai pas accroché, elle fait tache.

Le Repas : La nouvelle à quatre pattes, voir plus haut, parle quand à elle d’une jeune femme qui, doucement, tombe dans un piège mortel. Là encore, on le sent venir et on ne peut pas dire qu’elle apporte grand-chose. En effet les personnages sont pas mal, mais les descriptions et les scènes violentes ne sont pas top : bof.

 

L’exorcisme selon Saint Marc,

nouvelle parue dans le recueil Requiem Chapitre 1

Cette histoire est plus sombre que celles du recueil. Elle parle d’une jeune fille enfermée par des fanatiques religieux qui lui extirpent son bébé pour, disent-t-ils, la laver de ces péchés (l’enfant était illégitime). Plus belle par ces descriptions et les réactions de ce personnage qui, on le sens, à demander un plus grand développement, elle est totalement dans l’esprit d’un épisode d’horreur américain en alliant religion et conspiration. Sans être dans le registre fantastique, elle donne un bon avant goût de ce que doivent être les Corpus christi.

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Vous pouvez retrouver le reste des travaux de l’auteur sur son blog :

http://corinne-philippe-livres.over-blog.com/

et sa page Facebook, à cette adresse :

https://www.facebook.com/pages/Corinne-Philippe-Romans/158224370897188?fref=ts

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