Nouvelles Peaux aux Editions Luciférines (suite)

Salut à toutes et à tous aujourd’hui et comme je l’ai promis hier, voici la suite et fin de la critique sur le recueil  » Nouvelles Peaux  » paru aux Éditions Luciférines. Alors accrochez-vous c’est reparti pour une plongée dans le monde fantastique mes bons nains.

IL PARAÎT QUE JE SUIS FOU (de Quentin Foureau) :

quentin2

Alors, c’est une nouvelle très étrange qui nous met dans la tête d’un aliéné. Aliénation probablement due à une extrême solitude.

On retrouve une ambiance très dark avec essentiellement des évocations de couleurs froides (bleu / violet) qui contraste avec la couleur rouge du sang. On pourrait rapprocher cette ambiance du film Sin City avec essentiellement du noir et blanc sauf pour la couleur rouge.

Le personnage principal se trouve face à des meubles qu’il pense doués de conscience et de vie. Il entretient une relation bizarre avec une femme assez jeune qui à certains moments pourrait passer pour un cadavre (à savoir si ce n’est pas réellement le cas). D’ailleurs, on a une omniprésence de la mort sur la fin de la nouvelle avec les asticots (joliment renommés les petits anges blancs). La folie de personnage principal le dévore aussi avec une schizophrénie sévère.

On ressent bien toutes les influences de l’auteur tant musical par l’ambiance sombre du Black Metal (le noir, la mort, l’attitude borderline) que par l’ambiance glauque et gênante présente comme chez le réalisateur Lars Von Trier.

ILS IRONT TOUS A LA MORGUE (de Unity Eiden) :

ava-portrait-moi

Cette nouvelle est fort sympathique et nous plonge dans un monde ou la peste refait son apparition à cause d’un malade (au sens propre comme figuré du terme).

Alors, par un côté j’aurais tendance à rapprocher cette nouvelle du  » Silence des agneaux  » avec le malade dans le rôle d’Hannibal Lecter. Il est tout aussi calme, sûr de lui et on ne peut plus calculateur. Grâce à l’enquête, on plonge dans la tête du personnage et l’on découvre son journal où son but est clairement avoué.

Le personnage du docteur au départ commence à ressentir des démangeaisons, on suppose à cause de la vue du patient et des ses pustules et plaques (j’avoue que le lecteur aussi à envie de se gratter). Mais c’est plus du dégoût. Ce n’est que lors du dénouement que l’on comprend tout et qu’au final le malade avait raison.

Cette présence du monde en quelque sorte ésotérique et glauquissime avec la personnification de la peste en une entité  » vivante  » rend encore une fois justice à la littérature fantastique. D’ailleurs, cette créature de la Peste pourrait se retrouver facilement dans un livre d’H.P Lovecraft. A ne surtout pas manquer.

LE POINT DE NON-RETOUR (de Théo Gwuiver) :

theo

Cette nouvelle mêle savamment le milieu médical au mythe de ce très cher docteur Frankenstein.

En effet, on retrouve bien l’archétype d’un docteur Frankenstein moderne avec à la fois une ambiance un peu dark à la Stephen King. Une fin très intéressante avec le créateur rattrapé par la nature et ses créatures. On est vraiment en immersion totale et l’on ressent le stress des jeunes médecins lors de la première autopsie. On est suspendu pensant qu’il va se produire quelque chose. Du coup, on veut savoir ce qui arrive à ce personnage jusqu’au bout des 15 pages.

Intéressant aussi au niveau du traitement de la question de la mort (ce qui peut recoller un peu au sujet somme toute d’actualité). A quel moment doit-on déclarer une personne morte ? En tout cas, l’auteur nous fait part du phénomène de l’aura qui est très bien utilisé dans cette nouvelle.

DOPPLEGÄNGER (de John Steelwood) :

steelwood

A mon sens une des meilleures nouvelles de ce recueil. On sent toute la tension que crée cette foutue sonnerie de téléphone pour le personnage principal.

Il se questionne sur ce qui a pu arriver à son voisin, en toute humanité il s’énerve, joue un coup les voyeurs, décide d’aller appelé les secours et enfin d’aller vérifier par lui même ce qu’il se passe.

On sent très bien l’influence de Stephen King dans la manière d’amener l’intrigue et d’entretenir le suspens. Glauque et sanglant à souhait on trouve la dimension fantastique à l’apparition du démon. Les descriptions sont très détaillées et nous immergent dans ce monde ou le Dopplegänger a encore frappé.

JAMAIS PLUS ! (de Bruno Pochesci) :

Portrait-Bruno-Pochesci

Alors, cette nouvelle est on ne peut plus empreinte de la marque du fantastique. On retrouve à travers ces quelques pages les auteurs les plus célèbres du genre.

Poe au déclin de son imagination se retrouve confronté à un monde qu’il aurait pu lui même inventer. Une créature informe faisant des bruits étranges quitte à rendre fou un homme. Une petite épopée pour Allan Poe qui se voit rencontrer le futur H.P Lovecraft qui lui dit de tout arrêter pour le bien de la littérature et de sa future carrière. Et là on s’aperçoit qu’en fait ces braves gens se sont invités dans l’esprit plus que torturé, mais néanmoins génial, de Stephen King.

Une nouvelle que l’on pourrait rapprocher, mais pas de trop près à Dickens, avec le passé et le futur. On se retrouve dans le monde de Lovecraft avec Mr Poe et dans l’esprit de Stephen King. Un pêle-mêle qui est efficace et amusant.

Voilà c’est fini, je ne pourrais que vous conseiller de lire ce recueil par vous même. Et j’espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que j’en ai eu. En tout cas merci aux Éditions Luciférines de m’avoir permis de découvrir ce recueil.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *