Pandemonium Follies de JP Favard by Poulpy

Belle est la Bête, le premier recueil de Jean-Pierre Favard sorti chez la Clef d’Argent en 2012 avait déjà fait impression, et c’est avec plaisir que je me suis mis à la lecture du second volume, Pandemonium Follies.

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Pandemonium Follies

de Jean-Pierre Favard

chez la Clef d’Argent

 

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Belle est la Bête nous présente une vision plus que différente que l’œuvre originale de Beaumont, dont elle tire son nom. Pourtant, le message, ou plutôt les messages, retranscrits ici ont le même fond. Je ne vais pas vous parler de Sex, Drugs & Rock´n’Dole, son premier roman en partenariat avec la Clef, mais reprendre superficiellement quelques-unes des nouvelles amenant à ce nouvel opus.

Dans Belle est la Bête, les dix nouvelles possèdent toutes un cadre différent…

La Bête débute en un monologue entre le narrateur et un taureau de corrida. Il se trouve face à une fureur sans nom, une force destructrice sur le point de l’écraser, avec aucune échappatoire. C’est une histoire parlant de maîtrise, de courage, mais un peu aussi de la sauvagerie de cette pratique. Ça ne tombe pas dans le gore ou dans le speech à la Peta, mais nous pose cette question, qui est : où est la véritable sauvagerie, et que sommes-nous face à la véritable bestialité. À vrai dire, il s’agit ici de ma favorite. Se clôturant avec Le Fils de la Femme à Barbe, le livre reprend le conte cité ci-avant dans un contexte plus proche du nôtre. Dans un freak show, un jeune homme aux allures de bête dû à une grande pilosité se retrouve face à la foule cruelle et monstrueuse nous rappelant par la même le célèbre Elephant Man. Si vous vous attendiez à un second Rouge Alice, chroniqué l’été dernier, vous êtes loin de ce résultat.

Les nouvelles suivantes se passent d’animaux, car elles dénoncent la brutalité de nos instincts primitifs. De la dépendance affective qui font des chiens nos meilleurs amis, à la psychose poussant à la destruction de la beauté opposée au monstre, au meurtre et j’en passe. Tout devient grandement malsain. Non que chacune soit au même niveau, elles se complètent très bien. Ce qui fait que l’on a là une sorte de fil rouge qui ne dérive pas de trop par rapport au thème principal. Elles ne sont pas toutes stylées comme je les aime, n’apportant pas complètement ce que l’on voudrait voir dans ce livre, mais pour un premier recueil on remarque que la Clef ne fait pas dans la dentelle et ne choisit pas ses prétendants sur un coup de tête.

Vers le milieu du livre, l’ambiance devient plus légère, plus kitch aussi, car on part dans la SF populaire. Comme un œuf de Pâques, toutes ces histoires préconçues et clichées sont bien amusantes. Il faut aimer cette légèreté, car ce n’est pas exactement dans les habitudes de l’éditeur. Là, on se demande où l’on tombe, avec toutes ses références des 70-80´s, littéraires ou hollywoodiennes. Tout est tourné sous plusieurs formes, comme si l’auteur avait envie de s’essayer aux styles des classiques pour mieux les dériver. De plus, l’enquête en fin de volume ne manque pas d’originalité et contraste encore une fois. Si la patte de Jean-Pierre Favard est méconnaissable, la qualité persiste à rendre ce volume intéressant. Encore un voyage dans le temps qui, cette fois, y mêle le Fantastique.

Retour(s) d’Expedition(s), cette nouvelle aux atours Sherlockeins/Lovecraftiens (n’oublions pas chez qui nous sommes) est la pièce maîtresse de Belle est la Bête. Dans un club de gentlemen, un explorateur meurt de causes mystérieuses. Décidés à mener l’enquête, deux bons amis vont pourchasser le meurtrier, quel qu’il soit… Le travail fourni pour cet hommage a dû être extrêmement dense et ces recherches sont une des raisons qui le rend aussi grandiose (enfin, je dis ça, car la littérature classique me fait plus frissonner qu’aucune autre). C’est, sincèrement, ce qui m’a plu dans ce livre et ce qui, deux ans plus tard, m’a fait saliver en attendant la sortie du grand,

 

Pandemonium Follies

 

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Voici à présent, pour ne pas changer les habitudes,
quelques liens vers des camarades critiques
à propos du recueil cité ci-avant :

 

Mythologica ; Yozone ; Sueurs Froides ; Noosfere ; Livre Comtois

 

Plusieurs interviews sont par ailleurs disponibles…

Et maintenant, le très attendu Pandemonium :

«Imagine… Des hectares de terre recouverts de stèles immenses, dont les épitaphes, vulgaires mensonges laissés à la postérité, teacute;m’oignaient de langues que plus personne ne comprenait. Imagine les miroirs, noirs du reflet de tous les morts qui s’y étaient noyés. Imagine, le cortège infernal qui s’étendait du levant au ponant comme autant d’armées d’enfants livrés à eux-mêmes, déambulant, fous et hagards, incapables de savoir comment se diriger. Imagine que tout cela soit vrai. Que tout ce que l’on t’a dit, que tout ce que l’on t’a appris n’existe pas. Que tout n’est que mirages. Mirages et illusions. Que la vérité, elle, est ailleurs

Selon le poète John Milton (1608-1674) Pandemonium serait la capitale des enfers, l’endroit d’où Satan régnerait sur ses légions de démons. Depuis, ce nom est entré dans le langage courant. Il désigne désormais le lieu où règnent la corruption, le chaos, le désordre et la fureur.
Pandemonium follies regroupe en ce sens plusieurs textes appartenant à des genres littéraires différents, de ceux que l’on nomme mauvais (Fantasy, Polar, Science-Fiction, Fantastique).

Jean-Pierre Favard est né en 1970. Ses romans et ses nouvelles témoignent d’un fantastique où l’épouvante se mêle volontiers à l’histoire et à l’ésotérisme. On y retrouve ses grandes influences littéraires de Paul Auster à Philippe Djian, de Chuck Palahniuk à Michel Houellebecq.

– cf : La Clef d’Argent, clefargent.free.fr

(+ wikipedia.org)

La couverture, dark et sublime, a été réalisée par Sébastien Hayez, un habitué de la Clef à qui nous devons plusieurs chefs-d’oeuvre donc le logo de la Clef et pour tout vous dire, j’aime énormément son travail ainsi que sa diversité. Voici son site pro : hayez.kudeta-graphic.com.

 

3_favardElles aussi au nombre de dix, mais comportant plus de citations que son prédécesseur, la première des nouveautés de la collection KholekTh de cette année perpétue les traditions. Je n’ai pas retrouvé l’ambiance du premier volume, mais j’ai été enchanté de voir que celui-ci était d’une meilleure qualité. Voici une nouvelle sélection, par Poulpy le poulpe :

Ce serait dommage de vous spoiler les premières lignes de ce recueil, qui quitte l’animosité pour parler de légions démoniaques. Ne reprenant pas bêtement la bible pour en faire une histoire à l’Américaine, comme ce que font trop souvent les éditions des Tourments (dernièrement critiqué par votre serviteur), ceci tire ses références de plusieurs livres et autres… trucs, impies, pour la première nouvelle intitulée l’Écuyer (d’un cavalier bien connu). Plus proche de notre niveau, Welcome to Punkland et sa jolie citation du royal Johnny Rotten se situe dans un futur proche où le monde devenu postapocalyptique est dirigé par toute sorte de gangs ayant développés une société à l’image de leurs modèles culturels. Il s’agit plus d’une description du concept que d’une réelle aventure, mais c’est marrant ! La troisième sur la liste, le Truc raconte l’histoire d’un… truc, un machin indescriptible qui fait des choses (clair comme un baril de pétrole)… Là aussi dans un cadre futuriste, mais assez proche du nôtre. Ceci me rappelle cette phrase : le futur doit être dangereux, ou encore celle-ci : nous créons nos propres démons… C’est le message de cette première partie.

Dans Cadavre sur les Bras, une aventure d’Humphrey Bogart (comme l’acteur), nous nous faisons réchauffer une comédie burlesque très très marrante (je me suis bien amusé à lire ceci) reprenant les expressions attitrées de ce cher détective qui a un cadavre sur les bras et une tonne d’emmerdes sur le dos. Limite parodique, c’est cette fois une véritable aventure, comme le titre le spécifie et non une de ces mininouvelles d’introduction. Un des points forts du livre que je ne pensais pas aussi sympa à première vue (n’étant pas fan du style thriller de vioks), ça vient de tuer mes idées reçues…

Dans Witch Inc. qui est aussi une réelle nouvelle, l’histoire ne nous est pas inconnue : trois personnes ayant reçu d’étranges invitations se retrouvent dans une grande demeure, pour ne pas dire un château, et se rendent compte qu’elles ont toutes un point commun, elles se connaissent sans savoir qui elles sont. Pour avoir déjà lu/vu de pareilles histoires, je peux vous dire qu’il est extrêmement difficile de se distinguer des autres auteurs afin de créer un impact qui soit réellement original. Tout se joue donc dans la partie principale du récit, où nous n’avons cette fois pas droit aux sempiternels rebondissements inutiles, mais où tout s’enchaîne très vite pour nous laisser une once de surprise. Camping Sauvage est une autre nouvelle au cadre singulier qui n’a pas sa pareille parmi ses voisines. Commençant bêtement avec quatre jeunes en vacances pour draguer et se baigner, qui vont rencontrer un vieux local qui leur racontera une bien étrange histoire à propos d’un monstre tapi dans le lac qui, des années auparavant, a fait des ravages parmi un camp de bûcherons. Piqueniquant confortablement autour du lac en question, l’ambiance va progressivement se refroidir… Elle recolle bien à la nouvelle précédente avec ses allures de films fantastiques à l’Américaine, avec une base prévisible, mais une conclusion plus imagée et, pour tout dire, très drôle…

Nous passons ensuite à Désolation, qui, malgré son nom, n’a rien d’un King. Il s’agit cette fois d’une « aventure de Joshua et du korrigan », nous précise le sous-titre et donc d’heroic-fantasy, en somme. Cet hommage, quoique basique est le second interlude du livre. Les deux héros de cette histoire, dépêchés chez un conte antipathique vont latter des méchants et… bon, ce coup-ci c’est assez basique. Le Petit Livre Noir est la « boîte noire », le carnet de bord d’un corsaire bourguignon qui rendra son possesseur, un vieil amateur de brocantes, complètement obnubilé par la piraterie et tentera de percer à jour ses secrets. Ce récit, à la première personne, se terminera avec une plutôt jolie découverte…

Vient 11 août 1999, qui reprend le postapo avec des zombies, mutant après s’être approché des restes de la station Mir, écrasée au centre de Paris (il y a même les pseudo théories de Nostradamus pour intensifier le côté dramatique poilant). Un homme, au milieu de cette panique, va partir à la recherche de sa femme (un élément déclencheur un peu trop réutilisé, je vous l’accorde) en affrontant cette horde de démons, rendu fou par les radiations… Enfin, une chose en accord avec mes attentes (pas que le reste soit moins bon, hein?). En fin de volume est enfin expliqué d’où est venu l’inspiration de l’auteur et comme c’est amusant je ne vais pas vous le dire, car si vous en avez entendu parler il se peut que vous ayez deviné à quoi il fait allusion. Comme pour Belle est la Bête, la nouvelle de fin et celle du début se rejoignent en quelque sorte. C’est pourquoi Mal Barré reprend les histoires du jugement dernier et, cette fois, les sept pêchés capitaux qui sont, si vous ne vous en souvenez pas : la paresse, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère, et l’envie. Elles sont toutes représentées dans de courts paragraphes parlant des phases du réveil d’un méchant monsieur-tout-le-monde qui, une fois encore fais ressurgir ses démons pour sombrer… et bien, vous savez où et oui, on est mal barré.

Alors, que penser de ce recueil ? Je dirais qu’il est assez inégal, pas à cause du fait que certains textes ont été rajoutés (comme le Truc, paru dans Nouvelles du futur, le pire est à venir chez l’Harmattan et Camping Sauvage, dans l’anthologie Ténèbres de Dreampress), mais une fois encore, car le fils conducteur se perd parfois. Ce reproche et aussi un compliment, car il y a une quantité d’univers différents de tout styles pour tous les goûts. Les remarques faites concernant le style divers, parfois emprunté et d’autres fois enjolivé (il c’est encore amélioré depuis, c’est une excellente nouvelle) de l’auteur sont à peux près les même que ce que j’ai énoncé au début de l’article au sujet de Belle est la Bête. Sinon, j’ai l’honneur de vous dire qu’avec JP Favard ce ne sont pas des histoires tristes ou choquantes qui font vous faire réfléchir sur le sens de la vie, mais une bonne dose d’humour noir : ça change ! Ce recueil n’a vraiment rien d’inintéressant, encore une fois je vous le conseille (et de tout cœur, pas comme je le ferais pour d’autres éditeurs… hum). Ah, quel merveilleux titre, si familial !

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 Pour conclure, un petit extrait de la conversation que j’ai eu la joie d’avoir avec l’auteur en personne chez notre partenaire, Ciel Rouge, lors de sa dédicace à Dijon :

 

Jean-Pierre Favard, comment avez-vous débuté en tant qu’auteur ?

Comme tout le monde, en prenant une feuille un papier et un crayon et en commençant à écrire (mais c’est surtout l’ordinateur qui est un bon outil, car je reviens beaucoup en arrière avec des phases de lecture/relecture/modifications, donc j’ai du mal à être un auteur classique qui fait tout à la main ou à la machine à écrire…).

Le premier texte que j’ai « sorti » était pour une participation à un concours de nouvelles qui avait été organisé par la ville de Tallant (à côté de Dijon) en 2000-2001. Puis j’ai sorti quelques bouquins, dont un qui était au départ dans une collection appelée les Petites Nuits chez Nykta, qui faisait des polars locaux. Il y avait dix polars par départements, de ceux basés sur la Bourgogne, le mien se déroulait sur Clamecy. Cela s’appelait La Commission des 25 et c’est retrouvé dans un bouquin un peu plus gros, en première partie. Il est ressorti l’année dernière chez Lokomodo sous le titre de l’Asch Mezareph où l’on parle d’alchimie et ésotérisme en Bourgogne. À chaque fois je me fais plaisir en écrivant soit des petites nouvelles, soit des romans et depuis que j’ai trouvé des éditeurs intéressés par mes histoires, j’en profite.

(…) La commission des 25 avait été suivie par deux autres volumes qui étaient sortis chez un éditeur associatif bien plus petit que la Clef, qui fait de l’auto-édition (c’est un peu compliqué), le Panier d’Orties. Il ne fait pas trop dans le Fantastique mais plutôt dans le souvenir de personnes… C’est basé dans un tout petit village dans la Nièvre, c’est dur en terme de diffusion, mais j’ai pris assez de plaisir à écrire toutes ces histoires-là. Il y avait le Coffret d’Essaroies et la Montagne Noire, une trilogie alchimie qui est ressortie en un seul volume chez Lokomodo. Puis, toujours chez eux, j’ai sorti un autre livre, cela s’appelait la Seconde Mort de Camille Millien, qui se passe dans le Morvan sur fond de maison hantée et qui a également été rééditée dans un recueil d’autres nouvelles, le Destin des Morts, sorti il y a deux ans avec une nouvelle initialement sortie dans la revue Freaks basée sur Dijon et une autre écrite pour l’occasion.

J’ai quelques nouvelles qui vont sortir à droite à gauche début, mai dans une anthologie en hommage à Edgar Poe aux éditions Luciférines, mais sinon c’est un peu au coup par coup et je travaille plutôt avec la Clef ou Lokomodo, tant qu’on me fera confiance. Là j’ai un roman chez Midgard, la version moyen format de Lokomodo, mais je n’ai pour l’instant pas de retour. J’ai aussi un autre recueil sous le coude, mais j’attends un petit peu avant de proposer toujours dans le même principe, sans genre précis, sans style unique, un mélange quoi.

Quels sont les thèmes que vous recherchez à approfondir

Je n’en ai pas vraiment, je ne pars pas avec une idée préconçue, j’ai plutôt une première phrase qui va en entrainer d’autres, je n’aime pas savoir où je vais à l’avance donc je me laisse un peu plus guider par l’histoire qui se déroule devant moi, d’une certaine façon, que par des choses vers lesquelles je veux tendre. Donc c’est vraiment construire au fur et à mesure et faire en sorte d’arriver à quelque chose de cohérent. Pour l’instant, j’y arrive, et puis c’est ce qui m’intéresse : mettre des personnages dans une situation et voir comment ils vont s’en sortir, essayer de les mettre le plus possible dans des situations inextricables, et, aussi, surprendre le lecteur. Partir de clichés en les prenants à contre-pied le contre-pied du cliché pour que le lecteur ne s’attende pas à la chute à laquelle il va avoir droit.

Comment avez-vous commencé à publier chez la Clef d’Argent ?

Par pur hasard. Il y a quelques années, on cherchait une maison à acheter, moi et mon épouse travaillions sur Dijon à l’époque, mais Dijon est hors de prix donc on a élargi nos recherches et sommes tombés à Dole, qui a pour particularité d’avoir une petite librairie. Par curiosité, je cherche plutôt les petits éditeurs qui sortent un peu de l’ordinaire et je suis tombé sur les fascicules de la Clef d’Argent. Tout de suite, je me suis dit qu’il y avait des choses à creuser et j’ai pris contact avec Philippe (le directeur de la Clef) par internet. On s’étais retrouvé pour boire un coup et discuter de tout ça, j’avais un manuscrit qui s’appelait Sex, Drugs & Rock’n’Dole et je le lui ai confié en lui disant que ça pouvait peut être l’intéresser. Finalement il l’à sortit puis depuis, Pandemonium Follies est le troisième que l’on fait ensemble et j’en suis très satisfait parce qu’avant d’être auteur je suis surtout lecteur et je suis très fan de ce qu’il peut sortir, il y a toujours de la qualité. (…) Je suis très content et très fier de participer à cette aventure là.

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Parlons de votre nouveau livre, Pandemonium Follies.

Au départ, je voulais l’appeler Mauvais Genres, mais ça fait déjà pris, donc j’ai essayé de trouver quelque chose qui se rapporte à cela, le but étant que le lecteur ne soit pas surpris en voyant apparaître du Fantastique, de la fantasy, du polar… Des choses assez noires avec des choses beaucoup plus humoristiques, donc il s’agit de visiter différents styles et univers sans qu’il y ait de fil conducteur. Et donc Pandemonium étant la capitale des enfers, cela permettait de faire un jeu de mots avec Brooklyn Follies de Paul Auster dont je suis fan.

Le but ici est de s’amuser avec les effets pour que le lecteur ne sache jamais trop où il va et ce que l’on va lui servir. Mais d’une manière générale, je reste assez dans le Fantastique, même si ça part dans le polar de temps en temps, c’est plus un prétexte pour faire du suspense ou des effets. Le but est de ne pas se donner d’interdit, si un personnage doit se mettre à voler à un moment donné, il le fera… Il faut tout de même avoir une histoire cohérente qui se tienne. (…) En tant que lecteur, je ne lis pas que du Fantastique, au contraire je lis pas mal de littérature classique, je lis un peu de tout. De la littérature blanche, du roman noir, je ne suis pas trop axé sur les couleurs, plutôt sur le fond et la qualité de l’auteur. Je n’accorde pas d’importance au style. Cela se retrouve dans ce que je fais.

Pour l’instant, j’ai peu de retour de la part des lecteurs, par contre les quelques un que j’ai sont assez positifs. Je n’ai pas encore eu quelqu’un qui m’a balancé le livre en travers du visage en disant c’est quoi cette merde, apparemment ça à l’air de plaire, c’est ce qui compte. Nous sommes dans un genre qui est très confidentiel en lui-même. (…) Je ne suis pas de ces auteurs qui font de l’autofiction larmoyante ou très négative, j’essaie de prendre du plaisir à ce que j’écris et d’en donner à ceux qui vont lire, sans autres prétentions. Je n’ai pas de grandes vérités à donner, c’est juste des réflexions personnelles et de l’amusement à raconter des histoires…

C’était Jean-Pierre Favard, interviewé en ce 26 avril à Ciel Rouge en compagnie de la Clef !

Maintenant, de nouveaux liens, vers l’antre d’autres compatriotes :

 

Yozone

Je ne me hasarderai pas à chercher un fil conducteur, tant l’auteur se plaît à chasser sur tous les terrains, avec l’aisance qu’on lui connaît désormais, après «Belle est la Bête».

Sueurs Froides
Au final, PANDEMONIUM FOLLIES est un bon recueil qui attirera le lecteur qui aime être étonné et dépaysé.

Fabienne Leloup

On trouvera dans ce florilège des saveurs inédites qui enchanteront les gastronomes de l’insolite.

Le Progres

Jean-Pierre Favard a donc la patience flâneuse d’un rêveur de génie ou plus exactement de korrigan, un personnage dont il ne fait pas bon croiser le chemin si on a quelque chose à se reprocher, mais qui bénéficie d’un traitement de Favard.

D’autres à venir, toutes les news sur Facebook.

Sur ce, je vous quitte avec ce mignon extrait de Pandemonium Follies…

   On dit que les situations les plus extrêmes font resurgir les instincts les plus bas et il y a souvent été écrit que l’homme est un loup pour l’homme et qu’il n’y a de pire prédateur que lui-même, mais ce à quoi j’assistais alors dépassait et de loin tout ce que j’avais pu imaginer — même dans mes pires cauchemars (…). Comme si, à mesure que je progressais en direction de la gare Montparnasse, je m’enfonçais, toujours plus profondément, dans la boue et la fange. Comme si une porte s’était ouverte sur les enfers et que les pires démons en avaient profité pour envahir le monde. Et pour en faire leur terrain de chasse.

   Leur cour de récréation.

  11 août 1999, page 191-192.

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 De gauche à droite : Philippe Gindre, Philippe Gontier et Jean-Pierre Favard.

À bientôt sur la taverne !

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