Semaine Bloody Week End Reportage 2 by Poulpy

Partie 2 : Jean-Pierre Andrevon à travers les portes de la Clef d’Argent…

Chapitre 1 : Ces écrivains étranges et ces éditeurs qui les publient..

Tout de suite : entretien exclusif avec Phillipe Gindre et sa tripoté d’auteurs!

Depuis 1987, La Clef d’Argent publie auteurs classiques et contemporains dans le domaine des littératures de l’imaginaire: H.P. Lovecraft, Clark Ashton Smith, Arthur C. Clarke, Neil Gaiman, Jean-Pierre Andrevon, Pierre Stolze, Édouard Ganche, Nihil Messtavic, Jonas Lenn, Gilles Bailly, Philippe Vidal, Pierre Gemme, Timothée Rey, Sylvie Huguet, Alain Roussel, Jean-Pierre Favard, Christophe Lartas, Jacques Fuentealba, Christian Hibon, Patrice Dupuis, Marcel Béalu, Amado Nervo, Jean Marigny, Lionel Dupuy, Cédric Monget, Gabriel de Lautrec, G.S. Viereck, Donald Sidney-Fryer, Roland Fuentès, Charles Rabou, Jean Richepin, Théo Varlet et bien d’autres encore…

cf : http://clefargent.free.fr/

Donc, monsieur Gindre, quelle fonction avec vous au sein de la Clef d’Argent ?

Et bien, j’ai envie de dire homme à tout faire. C’est moi qui ai créé l’association il y a déjà très longtemps avec un ami. Au début, c’était un peu comme souvent, on a eu envie de faire une revue ou un fanzine consacré au Fantastique, pour avoir un cadre officiel. Au départ on n’avait pas vraiment l’idée ou l’ambition de faire une maison d’édition a proprement parlé (…). Au fil du temps les gens qu’on a publiés dans la revue ont commencé à nous proposer des recueils ou des romans. Donc on s’est dit que ça pourrait valoir le coup et c’est comme ça que de fils en aiguilles on en est venue à publier des livres. (…) Depuis le départ, je fais un petit peu tout ce qui est la partie « concrète », c’est à dire la mise en page, la vente des livres (…) côté libraires, gestion, etc. L’ami avec qui j’ai créé ça est parti à d’autres choses, il a quitté la région, donc oui, c’est un peu moi qui m’occupe globalement de la Clef d’Agent, centraliser les gens qui travaillent dans le cadre là. Après il y en a qui interviennent plus ponctuellement, il y a des illustrateurs, il peut y avoir des traducteurs… C’est surtout de la coordination.

Vous travaillez seulement en Bourgogne ?

Non, on a des points de vente un peu partout, le seul problème c’est qu’on n’est pas vraiment diffusés de manière professionnelle comme peut l’être un gros éditeur commercial. C’est-à-dire qu’à chaque fois c’est nous qui contactons les libraires, qui voyons, par exemple avec le responsable de rayon s’il est intéressé ou pas. Ç’a été le cas par exemple à Ciel Rouge à Dijon. Mais à chaque fois c’est du cas par cas. On n’est pas qu’en Bourgogne-Franche-Comté, on est aussi ailleurs en France, comme à Paris. Pour citer de grandes librairies, on est à la Librairie Mollat à Bordeaux, qui est très ancienne, car on à la chance d’avoir un bon contact avec le gérant du pôle fiction, on a pratiquement tout notre catalogue là-bas. On est aussi présents dans des librairies spécialisées, Scylla à Paris… Autant on a un ancrage régional du fait que nous nous sommes développés ici, mais on essaye d’être présents un petit peu partout. En Belgique, à une époque au Québec (…) le plus possible dans toute la francophonie.

Et sinon, ça fait beaucoup de temps que vous venez à ce festival là ?

Ça fait deux ans, on n’en avait entendu parler et on est venu la première fois l’an passé pour voir de quoi il s’agissait parce qu’étant un festival très orienté cinéma à la base, on c’est dit que ce n’était pas trop notre créneau, c’est là que Loïc Bugnon nous a dit : « Non, non, au contraire, parce que la salle des exposants se veut une extension des centres d’intérêt des gens qui viennent là ». Le public vient pour le cinéma, mais ils aiment bien trouver tout ce qui est figurines, cartes à collectionner, etc. Il y a aussi beaucoup de lecteurs parmi eux, pour eux c’était donc intéressant d’avoir des gens qui faisaient des livres. L’année dernière on devait être deux ou trois, cette année il doit y avoir six ou sept éditeurs, peut-être même plus. Il y a un libraire du salon, en plus de Ciel Rouge. C’est intéressent pour nous parce qu’on voit que la part littérature c’est agrandi.

Vous allez à beaucoup d’autres salons ?

Pas autant que j’aimerais, mais l’année dernière on a fait les Imaginales et tous les ans on se retrouve au salon Texte et Bulles dans Paris fin mai. C’est un salon plus généraliste, mais qui laisse une grande part à l’imaginaire. On y est toujours très bien accueilli, on a toujours un très grand stand, les auteurs sont invités, c’est assez exceptionnel pour ce qui est un « petit salon », ce n’est pas un gros gros festival et c’est notre rendez-vous annuel. Il y a toujours au moins cinq ou six auteurs, et l’ambiance est assez sympa. Il a commencé sur la BD et est maintenant très mélangé. Il y a du régionalisme, mais pas que ça, il y a vraiment de tout. Si on ne va pas aux festivals qui sont un peu plus loin, on essaye d’y envoyer des livres. Par exemple, aux Utopiales de Nantes, Neil Gaiman était présent, on a réussi à sortir son petit livre, Moi Cthulhu, juste à temps pour le salon et il a très bien marché. On essaye d’êtres présents…

Comme trouvez-vous ce festival, par rapport aux autres ?

Le Bloody Week-end… J’ai été très enthousiaste quand je suis arrivé parce que je me disais, n’y étant jamais venu j’avais peur que se soit plutôt une ambiance de convention, c’est-à-dire avec des fans vraiment très spécialisés dans un domaine, mais qui ne lisent pas du tout, qui vont venir pour uniquement telle ou telle figurine et qui ne vont pas regarder les autres stands (…), mais c’est pratiquement le contraire. On a des gens qui ont l’air heureux de découvrir des choses qu’ils n’ont pas l’habitude de voir. Ce qui est intéressant dans ce salon c’est l’ouverture, le fait de mélanger littérature et cinéma, avec de la collection et des choses vraiment très différentes. Du coup les gens sont d’autant plus intéressés, enfin c’est l’impression que j’en ai. Ils ont peut-être l’habitude d’aller à des choses plus centrées sur une activité donnée (…). J’ai l’impression que tout le monde bénéficie de cette ouverture et c’est plus convivial. Je suis revenu d’autant plus volontiers cette année. (…) En plus, on fait un bon chiffre, comparable aux Imaginales, ce qui était assez inattendu, car c’est moins accès littérature. Donc c’est vraiment très positif. L’organisation est efficace, et sympa, j’ai eu un bon contact de départ avec les organisateurs. Ça se passe bien, c’est vraiment des conditions idéales et on n’a aucunes raisons de ne pas revenir… L’autre aspect du festival, en dehors des contacts avec le public, c’est de rencontrer d’autres éditeurs.

Si vous deviez présenter le Fantastique, car c’est le thème qui nous rassemble ici, comment vous y prendriez vous ?

Le Fantastique c’est un mot qui peut avoir des acceptions différentes. Il y en a qui confondent avec la Fantasy, l’Imaginaire, même parfois la Science-Fiction. Nous au départ, la définition qu’on avait était assez restrictive, volontairement. C’est-à-dire qu’on se focalisaient sur un fantastique littéraire, (…) c’est en quelque sorte un moment d’hésitation dans un récit. On en vient à se demander si les phénomènes auxquelles on est confrontés sont surnaturels ou pas. Dans un récit surnaturel on va vite adopter pour une réponse affirmative, c’est-à-dire qu’on sait si on est en présence de phénomènes surnaturels. Ça va être des elfes, des fantômes… À ce moment-là le récit s’oriente vers un récit d’aventures, de Fantasy. Ce qui nous intéressait de publier, ce sont des choses qui se publiaient moins qu’à une époque, c’est des récits de Fantastique classiques, où un élément perturbateur vient bouleverser le réel et inquiète les gens au sens étymologique du terme (…), mais on n’arrive pas à déterminer la nature de cet élément. C’est cette inquiétude qui dure qui fait l’intérêt du récit. (…) Il y a une trentaine d’années, les éditions Marabout avaient une grosse collection Fantastique qui était diffusée très largement, très populaire. Il y a vingt, vingt-cinq ans, il y avait les éditions Néo à Paris qui avaient repris le flambeau, mais un peu moindre (…). Aujourd’hui c’est un genre qui n’intéresse plus les éditeurs commerciaux. C’est dommage, mais on en écrit et publie encore de façon plus modeste. Nous en publions aussi, ça fonctionne.

Quels genres d’auteurs recherchez-vous ?

C’est une question assez compliquée, dans les mois qui viennent, nous ne ferons pas d’appels à textes parce qu’on n’a pas mal de projets en cours. Ce n’est pas pour décourager les auteurs, mais pour l’instant on est vraiment engagé dans la suite de nos projets. Au plus long terme, d’une manière générale, j’ai envie de renvoyer ce qu’on a dit de la définition du Fantastique. Depuis quelques années on a lancé d’autres collections qui pour l’instant n’ont que quelques titres. On en a une petite sur la Fantasy, assez atypique, avec des récits un peut courts, (…), un peu introspectifs, un peu tristes, qui rejoignent le Fantastique finalement. On a une collection jeunesse, mais on reste accès principalement sur ce thème.

Est-ce difficile de lancer sa propre maison d’édition ?

La lancer, pas vraiment, qu’elle arrive à fonctionner, les ennuis commencent. Disons qu’on apprend sur le tas, il y a des erreurs à ne pas faire. Dans notre cas, par exemple, c’est vrai qu’au début on faisait tout nous même artisanalement. C’était des choses photocopiées, agrafées. Mais on essayait de soigner la reliure pour se démarquer des autres fanzines (…). On voulait tout faire nous même, mais on s’est rendu compte qu’à long terme ce n’était pas viable. Il fallait donc faire imprimer les choses, car c’est plus pratique, en temps et en argent (…).

Comment vous distinguez-vous des autres maisons d’édition ?

Il y a déjà le fait que l’on publie beaucoup de recueils de nouvelles, et de micro nouvelles (des textes de quelques lignes), ce qui ne se fait pas tellement. Les gros éditeurs professionnels ne le font plus du tout. Même parmi les petites maisons d’édition, ce n’est pas quelque chose qui se fait spontanément parce que ce n’est pas ce qui marche le mieux… Mais par contre, il y a un lectorat fidèle pour ça qui est très motivé, donc on a des retours. C’est intéressant à faire, et assez valorisant. (…) Sinon le Fantastique traditionnel qu’on publie n’est pas très développé, Malpertuis, à Paris, le fait, les éditions de l’Arbre Vengeur rééditent des vieux textes assez SF. (…) C’est pratiquement notre spécialité.

Ce que j’aime chez eux, c’est qu’on retrouve des textes et des auteurs qui n’ont pas la chance d’être traduits. Pour les fans de Lovecraft, vous risquez de craquer. Sur place je suis reparti avec un exemplaire-cadeau du Livre de la Mort, d’Édouard Ganche. Il faudra vous attendre à un article spécial dans les prochains mois, une fois que la pression sera retombée. J’espère que cette interview a été instructive. Moi je l’ai trouvé passionnante, car on ne connait pas toujours le fonctionnement des petits éditeurs, parce que son point de vue est assez pointu et surtout… Je vais pouvoir faire ma groupie sur d’autres salons! Héhé… En plus, je vais découvrir de nouveaux auteurs, mais regardez vous même… Publitzer, sort de ta poulpyball!!! Publi, Publi 😛

J’avais préparé plein de feuilles de questions exprès pour les invités spéciaux, Caroline Mounro et Luigi Cozzi, Gerard Kikoine et Dominique Bettenfield, Anthony-Luc Douzet et Ced666… Mais surtout pour… Jean-Pierre Andrevon! Les questions pour les réalisateurs, connus ou pas, ne m’ont servi à rien vu que je n’en ai rencontré aucun, du style : quelle est selon vous votre meilleure réalisation? Que pensez-vous de vos premiers films avec le temps? Comment à commencer votre carrière? Qu’est ce qu’il vous a poussé à débuter dans le cinéma? Quelles sont vos principales influences? Que pensez-vous de l’évolution du cinéma? Quels conseils donneriez-vous aux nouvelles générations? Quelle image voudriez-vous donner à vos fans aujourd’hui? Quelles ont été vos meilleures rencontres durant votre carrière? Votre meilleur souvenir? Que pensez-vous de votre week-end? Que pensez-vous des films présentés? Avez-vous des projets? ...Mais tout ça servira pour l’année prochaine! Même si je n’y vais qu’en tant que visiteur, ça fera très bien dans un coin. Je suis aussi parti avec l’envie de voir les conférences, j’en ai raté une que je voulais vraiment voir (comme c’était pas les bons jours), le corps du crime, présenté par Berangère S. de Condat-Rabourdin (mais j’ai pu lui parler sur le stand de sa maison d’édition pour son livre), et les maisons hantées de Stéphanie Sauget (arrivé trop tard…). Par contre, on a assisté à celle de Julien Bétan : dans l’oeil du spectateur. Je n’ai pu enregistrer que le début, big oups, mais c’est à la suite.

Au cours de ces interviews, j’ai eu la chance de rencontrer Jean-Pierre Andrevon, et j’ai passé un bon moment avec lui. Je ne pense pas que j’aurais la chance de le revoir un jour, je n’oublierais jamais cet entretien vraiment enrichissant. J’ai du passé pour un abruti avec tous mes Whoah… C’est une personne que l’on aime vraiment écouter. Je me suis dit, il doit avoir de la bouteille ce monsieur, on ne peut pas mieux dire. Voici les quelques bribes ramenées de cette expérience. Mais avant, pour ceux qui ne le connaitraient pas, le Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Andrevon En plus, c’est un écolo! On devrait tous l’être, n’est-ce pas?

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Mon entretien avec Jean-Pierre Andrevon, dans le Bloody parc :

Monsieur Andrevon, vous avez écrit beaucoup de livres : plus de 158, comment recherchez-vous l’inspiration ?

L’inspiration, elle vient de partout. J’ai l’habitude de dire qu’un écrivain c’est une éponge, il reçoit des trucs et après il les recrache. Ça peut venir de n’importe quoi, ça peut venir d’une conversation, ça peut venir d’un fait divers, ou de nouvelles… Je lis les actualités, j’écoute à la radio, je vois à la télé. Ça peut venir de là, parce que je suis pas mal influencé par mes rêves. Ça peut venir de d’autre livres que je lis, voir des films que je vois, et qui m’inspirent, pas forcément dans leur ensemble, mais sur une séquence qui me parait réussie ou qui m’intrigue, qui me motive. Donc, vraiment, de n’importe où et de n’importe quoi. Et puis après je mixe ça dans mon vaste cerveau, et puis ça finit par accoucher d’un roman ou d’une nouvelle, mais qui est précédé par des retravaillages, par des notes que je prends, par des synopsis que j’essaie de monter. Enfin c’est tout un processus en fait, il n’y a pas un éclair de génie, ça je n’y crois pas, mais il y a une idée au départ et puis cette idée j’essaie de la développer, d’en faire un récit qui se tient, avec un début, un milieu, une fin. Voilà en gros ça ce passe comme ça.

Et il y a beaucoup d’auteurs que vous aimez, qui vous ont influencés ?

À mes débuts, avant de vraiment me mettre à l’écriture, quand j’ai commencé à lire de la Science-Fiction et à lire en général, il y a deux auteurs qui m’ont vraiment plu et qui m’ont probablement inspirés, en tout cas qui restent en moi, c’est un français, Barjavel, et un américain, Ray Bradbury. Parce que je trouvais dans ces deux auteurs ce que je ne trouvais pas ailleurs, c’est à dire une écriture déjà, une vraie écriture, poétique. Et puis un engagement, aussi bien chez l’un que chez l’autre. Un engagement pour la nature, pour l’écologie, avant que le terme soit banalisé à l’extrême. C’est des idées qui me plaisaient, qui développaient, justement cet amour de la nature, ce refus, ce rejet résonné de la civilisation moderne, de l’industrie envahissante et de la science toute puissante. Donc voilà, c’est deux auteurs que j’ai aimés dès le départ, quand j’avais mettons quinze ans par exemple. Je commençais vraiment à lire des livres d’adulte et qui ne m’ont jamais vraiment abandonné, je relis Barjavel et Bradbury avec plaisir. Badbury je ne l’ai évidement jamais rencontré, mais Barjavel c’était devenu un ami.

J’ai des thèmes préférentiels, c’est l’avenir à court terme de l’homme, que je vois de manière très pessimiste. Je nous vois très mal partit, ce qui est normal, ça parait normal maintenant, mais moi il y a trente ans c’était déjà ça, j’ai commencé à comprendre ce qu’était le fonctionnement de la nature, si vous voulez, le fonctionnement de la planète et des dommages qu’on lui faisait subir dès les années soixante-dix, quand l’écologie commençait à être banalisée en Amérique. (…) C’était une période très engagée pour ce qui était de la Science-Fiction qui a succédé aux mouvements étudiants, par exemple en France, le Power-Flower aux États-Unis, etc. qui mêlait le politique et l’écologie, qui pour moi sont deux choses liées. Donc voilà, j’ai écrit sous ces influences-là puis d’autres auteurs américains qui sont venus après. Et puis s’il y a eu une mouvance après dans ces époques là, l’écriture voulait dire quelque chose, voulait agir sur le monde, ce qui n’est peut-être plus tout à fait le cas aujourd’hui. Ma formation vient de là, c’est une formation citoyenne, en plus, parce que dans la vie, pareil dans l’écriture, mais dans la vie je me considère comme quelqu’un d’assez engagé. Tout est lié, enfin pour moi, je veux dire, ma vie, le monde, l’écriture, je ne fait pas de différences. J’écris ce que je pense, vraiment, j’exprime les idées qui sont les miennes, sans outrance sans censure. Tout ça sur l’avenir noir du monde et sur la sauvegarde de la planète avec une conscience écologique globale.

Est-ce que vous pensez qu’il est facile de devenir écrivain en France ? Je sais qu’en Amérique c’est quelque chose de plus commun…

Ça dépend, bon je ne connais pas vraiment le problème américain, mais en Amérique c’est beaucoup plus institutionnalisé. Il y a des ateliers d’écriture qui sont faits par des écrivains de renom, très connus (…) donc il y a un moule, une structure, je ne dis pas qu’on y arrive, qui n’existe pas en France. Mais pour devenir écrivain il faut quoi? Il faut lire d’abord, être passionné de lecture, être passionné par un genre, que ce soit la Science-Fiction, l’Art ou la poésie, où n’importe quoi. Il faut lire et puis il faut en avoir envie, c’est vraiment une envie personnelle. Alors maintenant, y arriver professionnellement, qu’est-ce qu’on peut dire là dessus? Parce que je n’ai plus de théories, il n’y en a pas, c’est un peu le hasard, c’est le jeu des dés… Pourquoi un premier manuscrit est pris, un autre qui est aussi bon n’est pas pris, on ne peut pas savoir, vraiment c’est le hasard, ou la chance, ou les relations, il y a des tas de choses qui s’engrènent comme ça. Mais ce n’est pas vrai qu’on ne peut pas y arriver parce que moi je vois quand je viens dans des salons de ce genre là, je découvre des tas de jeunes auteurs qui sont pris par des toutes petites maisons d’édition, effectivement. Qui sont un petit peu la sauvegarde de la littérature papier parce que le cout de production d’un bouquin avec l’informatique ça a énormément baissé, à part le prix du papier lui-même, on peut tout faire chez soi. Donc on peut plus facilement monter sa petite maison d’édition, prendre des jeunes auteurs… Après il y a le problème de la diffusion en librairie, mais disons qu’on peut, quand on veut on peut. C’est encore un truc des années soixante-dix, you want, you can. Encore une fois, je ne crois pas aux généralités, je crois aux cas particuliers. Il y en a qui arrivent, il y en a qui n’y arrivent pas… Pourquoi, c’est souvent un fait de hasard, mais un bon auteur, quelqu’un qui a vraiment quelque chose à dire, il y arrivera. Le coup de Proust, refusé par Gallimard, je crois que ça n’existe plus. Dans notre petit cercle d’écrivains de genre, Fantastique, Science-Fiction, Aventure, Polar, tout ce qu’on veut, je pense qu’on peut y arriver. Déjà se faire publier par une petite maison d’édition qui se lance, et puis après gagner une maison d’édition plus prestigieuse, si on a du talent pour. Il n’y a pas la malédiction de l’écrivain, il faut se remuer le cul, faut pas croire que tout vous tombe du ciel, alors là surtout pas, quand on se remue, je pense qu’on peut y arriver.

C’est une question personnelle. Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’idées, c’est un peu prétentieux ce que je dis, mais c’est vrai, c’est comme ça, les idées arrivent, je vois le monde autour de moi, je transforme ça en synopsis, en roman et en nouvelles et après j’écris des bouquins. Pourquoi j’ai ce petit talent qui fait que je suis arrivé à écrire 150 bouquins au bout de cinquante ans de carrière, je n’en sais rien, je ne me considère pas comme un privilégié, c’est comme ça. Je me considère comme un bon boulanger ou comme un bon sabotier, je fais ce que je sais faire, c’est tout.

Quelles sont vos méthodes de travail ?

Alors mes méthodes de travail, je pars d’une idée, l’idée je la développe en quelques dizaines de lignes, quelques pages, puis je range ça dans un tiroir, puis a un moment donner je vais me dire, tient, j’ai envie d’écrire ça, parce que ça a mûrit. Et puis à ce moment-là je me mets à l’écriture vraie quoi, à l’écriture du roman ou de la nouvelle, si c’est une nouvelle. Et puis voilà. Avant je faisais des brouillons à la main et je tapais à la machine, mais maintenant que je travaille sur l’ordinateur comme tout le monde et qu’on peut reprendre sans cesse et sans cesse et sans cesse… un chapitre, un paragraphe, une phrase, un mot, je travaille comme ça jusqu’à ce que ça corresponde à ce que j’essaie de faire passer.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir écrivain ? Comment à commencer votre carrière ?

Je sais que j’ai une étiquette écrivain de SF, en vérité j’écris plein de choses : des polars, de l’aventure, du fantastique, j’écris de la poésie et des chansons, dans des styles qui peuvent paraître différents, parce que ça m’a plu, comme lecteur, tout gosse j’ai commencé à lire, peut être par hasard ou pas, je n’en sais rien, des bandes dessinées de science-fiction. Je crois que le premier vrai roman de SF que j’ai lu c’était La Guerre des Mondes de Wells, un grand classique du genre… J’étais vraiment tout jeune, c’était avant la sixième, huit, neuf ans, dix ans… Et ça m’a vraiment plus, ça a excité mon imagination, mon imaginaire, et j’ai continué dans cette voie d’abord comme lecteur et après en essayant de faire mes premières pattes de mouche, mes premières nouvelles, mon premier roman en soixante-neuf. Ça s’est passé comme ça, une trajectoire à laquelle j’étais prédestiné, ou presque, que je n’ai pas pu échapper.

Et, après tout ce temps, vous n’avez pas abandonné le dessin et la musique ?

Non, non je n’ai pas du tout abandonné le dessin et la peinture. J’ai d’ailleurs une exposition de peinture en ce moment à Grenoble, dans ma ville. Je peins et je dessine tout le temps, des petits dessins dans la marge des cahiers. Parfois des petits dessins de presse ou des dessins qu’on me demande pour illustrer un texte ou autre. Et puis j’ai quelques périodes où je me consacre à la peinture, un mois ou deux par ans, de manière très irrégulière. (…) Je faire beaucoup de paysages, mon obsession de la fin du monde se manifeste dans des paysages vides de personnages humains. Au début ma peinture était beaucoup plus stylisée et est devenue plus réaliste avec le temps, plus précise, comme mon écriture. Et maintenant mes tableaux, et ça arrive de temps en temps, pourraient illustrer mes romans. L’écriture et le dessin sont deux activités complémentaires… Elles coïncident assez fortement. Ce sont des paysages assez dégradés par des catastrophes écologiques, des paysages asséchés ou au contraire inondés, pratiquement en ruine. (…)

Non non, je ne pourrais pas abandonner. D’ailleurs je n’ai rien abandonné de tout ce que j’ai fait depuis que j’étais jeune : l’écriture, le dessin, la peinture, la chanson, c’est des choses qui ont toujours fait partie de moi. La musique est très importante. C’est ce que j’ai commencé à faire de manière vraiment très concernée, car je fais partit de la génération des chanteurs à textes, Brassens, Felix Leclerc, Jaques Bruel… Très tôt, à quinze ans, par là, je me suis acheté ma première guitare, j’ai commencé à chanter du Brassens, comme tout le monde à l’époque, et puis j’ai eu envie d’écrire mes propres chansons. Et j’ai continué jusqu’à aujourd’hui. Encore une fois avec les moyens de l’informatique j’ai enregistré des CD, ce que je n’aurais pas pu faire il y a quinze ou vingt ans. Ça fait partie de ce que j’aime, de ce que j’ai envie de faire, ce que je fais sans me poser la question de la commercialisation, heureusement d’ailleurs. Je ne me considère pas comme musicien, j’écoute peu de musique, je me borne à faire des petits airs faciles à retenir sur trois accords de guitare, pour faire passer les textes poétiques que j’écris. Je fais des poèmes mis en musique, c’est de la chanson un peu à la marge.

Quelle histoire vous a donné le plus de mal ?

On peut dire que c’est Le Monde Enfin, qui est un recueil de douze nouvelles, mais qui sont liées, car c’est une histoire sur la fin du monde causée par une épidémie, jusqu’à ce qu’il ne reste que huit personnes sur Terre. Et ça c’est des nouvelles que j’ai écrites tout au long de ma Karrière. Je me suis dit que c’étaient des textes qui se répondent les uns les autres. Alors je les ai réunis, j’en ai supprimé, j’en ai écrit des nouveaux, j’ai essayé de les lier par des personnages qu’on retrouve d’une histoire à l’autre. C’est un bouquin que j’ai mis trente ans à écrire, ça ne veut pas dire que je passais mes journées à l’écrire, mais je l’ai laissé en maturation et au bout d’un moment, la première édition est sortie en 2006, je me suis dit que ça ferait une belle saga sur la fin du monde, du début à la fin. C’est un gros bouquin de 600 pages, trouvable chez les éditions Pocket. Je considère que c’est ce que j’ai écrit de mieux, les gens le considèrent aussi. (…) C’est un thème banal que j’aime bien citer, par perversité peut-être, ou comme exorciste, je ne sais pas.

Est-ce que vous pensez que la littérature Fantastique soit reconnue à sa juste valeur ?

Beaucoup plus qu’avant, oui. Tout dépend des auteurs, il n’y a pas d’égalités. Ils sont repris en poches du fait qu’il y a un lectorat. Et puis c’est étudié à l’université, les grands auteurs en tout cas comme Bradbury, des gens comme ça. Il y a des chaires sur la littérature science-fiction dans la plupart des facs de lettres. L’aspect maudit qui pouvait exister il y a trente ou quarante ans s’est beaucoup amélioré. Les instances culturelles ont reconnu que la littérature de Fantastique ou de Sciences-Fictions était de la littérature, tout simplement. C’est comme les feuilletons, qui dirait que Jules Verne ou Alexandre Dumas ne sont pas des écrivains?  Alors qu’à l’époque ils publiaient dans des journaux en épisodes.

Quelles sont les personnes qui vous ont le plus soutenus pendant votre carrière ?

Bien, soutenu, est-ce qu’on m’a soutenu, je ne sais pas. Les gens qui vous soutiennent dans une carrière professionnelle ce sont les éditeurs qui publient vos livres. Moi j’ai eu la chance de tomber sur une période où la science-fiction était un petit peu en creux, je parle des auteurs, et les deux principales collections étaient la collection Anticipation Fleuve-Noir, assez populaire. Une autre série un peu plus « intellectuelle », où était publié notamment Barjavel, Bradbury. C’était le collectif Présence du Futur chez Denoël. Et j’ai eu la chance de tomber entre les années soixante et les années soixante-dix, mes premiers manuscrits je les aie envoyés à ces deux collections parce que c’étaient les deux qui existaient principalement. J’ai été pris tout de suite, je n’ai pas eu de mal. Et puis j’ai continué. (…)

Vous êtes passé par beaucoup de travaux différents avant de vous lancer, aviez-vous une idée de ce que vous alliez devenir ?

C’est sûr que je n’avais pas envie d’être fonctionnaire. Je voulais aborder une activité artistique, mais quand j’étais jeune, admettons à vingt ans par exemple, c’était plutôt dans le dessin et la peinture. Donc je pensais plutôt faire de la bande dessinée, de la peinture, et en vivre. C’est à dire travailler à temps complet dans le graphisme. Mais comme j’aimais bien aussi écrire et le fait que comme je vous l’ai dit, mes premiers romans on été acceptés sans problèmes, peut à peut j’ai obliqué vers l’écriture. Mais ça s’est passé comme ça, j’aurais été acclamé comme peintre, je ne serais pas devenu écrivain, ou alors j’écrirais un petit peu en peignant. Alors que maintenant c’est l’inverse : je peins un peu en écrivant beaucoup.

Qu’est ce que vous pensez des adaptations de vos romans ?

J’en pense du bien, j’ai été ravi quand René Laloux ma contacter pour le dessin animé tiré de mon roman, je ne m’y attendais pas. C’est très compliqué de financer un film alors il a mis vingt-cinq ans pour ce faire, ce qui est pas triste, mais je suis très content du résultat. Surtout que les dessins sont faits par Philippe Caza, on a débuté en même temps, je le connaissais depuis longtemps, depuis toujours quasiment. Oui oui, j’en suis très content, les téléfilms c’est nettement moins bien. Gandahar est très bien, surtout qu’il passe régulièrement, ils le rediffusent souvent.

Avez-vous des projets ?

Mon gros truc en ce moment c’est l’encyclopédie du cinéma, du Fantastique et de la Science-Fiction, sur lequel je travaille depuis dix ans, également, et qui va sortir en octobre. On en est encore aux relectures, aux corrections, au début de maquetage. Donc c’est un gros boulot. Et puis je suis en train d’écrire un roman, un thriller genre meurtres et mystères qui sortira je sais pas quand parce que là je n’ai pas encore d’éditeur prévu. J’ai un nouveau roman du cycle Gandahar à écrire pour la réédition du cycle total qui se fera après. Mais j’ai plus d’idées que de temps pour écrire vous savez, c’est ça mon drame.

Et qu’est-ce que le Fantastique selon vous ?

Ce sont les fantasmes de mort que chacun de nous entretient parce qu’on sait qu’on va devoir mourir un jour. Ça peut être des fantômes, des zombies, les morts-vivants. C’est essentiellement une thématique de la mort, comment elle arrive, comment on essaye de lui échapper, sous quelle forme elle vient? C’est ça en fait, les fantômes qui viennent frapper à votre porte, moi je dis, encore un dicton, que le Fantastique c’est Freud et que la Science-Fiction c’est Marks. Le Fantastique c’est ce qu’il y a à l’intérieur de nous, c’est nos fantasmes, fantasma, c’est le même nom en italien, c’est le même nom que fantôme… Et la SF c’est la construction du monde futur, c’est la société future, qu’elle soit utopique ou dystopique, mais qu’elle soit logique et qu’elle fonctionne. C’est la littérature du collectif, car elle brasse des sociétés entières, sinon des mondes, des planètes, et le Fantastique c’est le soi, on se réveille la nuit dans la peur d’une ombre. C’est nos peurs qui viennent de l’enfance.

Que pensez-vous du Bloody Week-end ?

Et bien c’est sympathique, je ne me déplace pas énormément, là ça lie la littérature et le cinéma, mes deux mamelles, si je peux dire. Donc c’est bien, j’aime bien faire ça parce qu’on rencontre des gens ou on retrouve de vieilles connaissances, bref je suis content.

Vous pouvez retrouver son travail artistique sur son site : http://jp.andrevon.com/

On reprend ses esprits, et le reste des news arrive! Léger problème technique : la capacité de mon Ipad à légèrement été dépassée à 800%, donc le reste et composé de notes prises sur le tas.

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La Clef d’Argent avait invité quelques autres auteurs, Jean-Pierre Favard, (dont je vous recommande Belle est la bête, et d’autres encore…) Jerome Sorre (auteur du Club Diogène, avec Stéphane Mouret, très bonne série). Vous pouvez voir une petite biographie sur leur site, respectivement : http://clefargent.free.fr/favard.php et http://clefargent.free.fr/sorre.php … Et Pierre Brulher, j’ai eu un peu de temps pour une entrevue avec ce dernier, voici ce que j’en ai ressorti :

Pierre Brulher est l’auteur de plusieurs romans aux styles variés, publiés dans les éditions Juste Pour Lire. Sont nouveau roman, Magma était présent, ainsi que Le manoir aux esprits, un roman de Fantaisie et un recueil de contes gothiques, ciblant cette fois un public plus jeune, L’enfant du cimetière (je pense que je vais craquer pour celui-là très prochainement). Pour tout savoir de ces projets, je vous recommande son site, http://www.pierre-brulhet.com

Vous pourrez aussi le retrouver du côté de l’atelier Mosesu car il rédigera prochainement un tome de la série l’Embaumeur (voir plus loin). Il était aussi présent pour défendre un court métrage dans les compétitions : La nuit du saigneur, un film de Stéphanie Forentina, dont il est le scénariste. Lorsque je lui ai demandé quelles étaient ces influences, en tant qu’auteur, il m’a répondu qu’elles provenaient surtout de ses expériences de jeunesse, où il vivait en Mauritanie (Côte d’Ivoire), où il était bercé par des légendes, des histoires et des contes. Et puis, comme beaucoup, il a développé son sens de l’écriture en lisant, écoutant de la musique et, en faisant du jeu de rôle! Ah, quel type charmant… Il est justement devenu écrivain pour ne pas que ses histoires se perdent un jour, car il avait envie d’en raconter, de donner du plaisir aux gens : pour qu’ils s’évadent du quotidien. Son quotidien à lui c’est qu’il est architecte, comme quoi l’habit ne fait pas le cochon d’Inde. Donc, c’est un autodidacte très doué, que je vais suivre de mon côté! Il dit aussi que pour lui, chaque livre est un challenge, car il n’a pas envie de se répéter, et on le comprend, qui aurait envie de s’enfermer dans un style alors qu’il y en a autant? En passant, la question qui titille dans un festival de Fantastique est, qu’elle est votre définition de cela. Ça version est que : c’est sortir du réel, tout comme ces livres, où il préfère aller « Sraigth to the point », où la réalité bascule, où le quotidien devient extraordinaire, où l’inexpliqué, la magie, remplace le côté terne de la vie… Il nous réserve encore pleins de surprises alors n’hésitez pas à vous tenir au courant sur son site!

Pouvez-vous me parler de votre travail ? De vos inspirations et de vos influences ?

Et bien j’aime à dire que je suis architecte le jour et écrivain la nuit. Parler de mon travail c’est parler de la façon dont j’écris. Avant tout j’ai besoin de m’isoler. Et la musique m’y aide. Je ne suis jamais aussi concentré pour écrire que quand je prends le train par exemple. Le casque me coupe du monde, me créait une bulle et ne me laisse pas d’autre choix que de plonger dans mon histoire.

Pour commencer un livre, je procède d’abord par un découpage par chapitre. Je sais alors exactement où je vais. Cela me rassure et ensuite je peux développer sur une base solide le récit. J’accorde aussi une grande attention à la fin de l’histoire. J’aime que le lecteur soit surpris.

Mes influences, elles sont nombreuses. La musique d’abord, car je ne peux écrire sans musique. Pour « L’Enfant du Cimetière », ce fut les balades de NIN passées en boucles, « Le Manoir aux Esprits » le groupe Cranes (l’album Forever) et « Magma » les envolées psychédélique de Muse et le groupe mythique de jazz avant-gardiste Magma. Les livres évidements et des auteurs comme Richard Matheson, Franck Herbert, Jack Vance, J.R.R Tolkien, Michael Moorcock m’ont profondément marqués pendant mon adolescence. Et puis il y a des écrivains de ma génération comme Sire Cédric ou Morgane Caussarieu qui ne me laissent pas indifférent.

Qu’est ce qui vous a poussé à devenir auteur ?

J’ai été grandement marqué par l’Afrique. J’y ai passé toute mon enfance (Mauritanie et Côte d’Ivoire). Mes parents étaient coopérants. J’ai grandi avec les histoires, les contes que nous racontaient les gardiens le soir qui surveillaient les villas. Et puis en rentrant définitivement en France vers mes 16 ans, j’ai fait une dépression. Je me suis alors plongé dans les jeux de rôle, la littérature fantastique. Tout est parti de là. D’abord des scénarios pour des campagnes, puis des nouvelles et enfin l’écriture d’un roman. Le tout premier « L’Enfer Blanc », écrit lorsque j’avais 20 ans, ne fut jamais publié. Une histoire médiévale fantastique bourrée de défaut de jeunesse. Ce fut un excellent exercice d’apprentissage pour moi.

Quels sont vos projets ? Vos objectifs ? Avez-vous quelque chose à faire partager à vos lecteurs ?

Mon 4ème roman est terminé. Il est en phase relecture. Ce sera un polar S-F saupoudré de fantastique et qui sortira aux éditions Juste Pour Lire, courant 2014. J’ai commencé l’écriture d’un 5ème roman, pour un nouvel éditeur, mais là, je ne peux pas en dire plus, je suis tenu au secret. Sinon, une nouvelle inédite doit paraître dans le n°18 de la Salamandre, et je dois encore écrire 2 nouvelles avant la fin de l’année pour 2 autres éditeurs. Et pour terminer, je suis sur un collectif dans l’esprit Art Book (nouvelles et illustrations), sous le format Marvel un somptueux projet mais là encore, je ne peux encore rien dire. Il y aura peut-être aussi un recueil de nouvelles pour 2014 ou 2015 mais rien n’est encore sûr.

Qu’avez-vous pensé du Bloody Week-end ? Avez-vous fait de bonnes rencontres, de bonnes ventes ?

Je garde un excellent souvenir du Bloody Week-End. J’y suis venu surtout pour le court-métrage de Stéphanie Florentina « La Nuit du Saigneur » que j’ai coproduit et écrit le scénario et dialogues. Le film fut projeté en catégorie hors compétition et je dois dire que je suis très fier du bon accueil qu’il a reçu. Mention spéciale à Richard Turek qui a composé les musiques et je peux vous dire que le résultat est impressionnant.

Pour mes romans et bien oui quelques ventes mais rien en comparaison des autres festivals que je fais et qui sont plus accès sur les livres.

Pouvez-vous me donner votre définition du fantastique, comme c’est le sujet qui nous liait tous à ce festival ?

Le fantastique est l’intrusion sur surnaturel dans le réel. C’est le moment où tout bascule et l’impossible devient possible, le rêve (ou l’horreur) devient tangible, palpable. C’est très excitant pour l’imagination et c’est pour moi le cadre idéal pour installer mes histoires et faire passer un bon moment au lecteur, en espérant que ma modeste contribution aura fait oublier le temps d’un livre, la  grisaille du quotidien.

Une petite présentation signée JP Favard!

Mon travail. En fait, comme beaucoup d’auteurs, j’ai un vrai métier qui me permet de vivre et une passion que j’essaie d’assouvir (pour l’heure, comme ça se passe pas trop mal des deux côtés, je suis assez satisfait).

Mes inspirations, influences, sont à la fois nombreuses et variées. Le fantastique mais pas seulement. Je dirais même « loin de là ». Car avant d’écrire je suis surtout un lecteur. Et ce que je lis ne connais pas de frontière. Cela va de la littérature dite « classique » à la littérature dite « de genre » (voire de mauvais genre). Mais, quoi qu’il en soit, je lis plutôt des auteurs contemporains. Et j’attache une grande importance au style. Il faut que je sois surpris, charmé, étonné, transporté. Comme tout le monde j’imagine.

Projets. Un roman à terminer (c’est presque le cas). Un recueil de nouvelles à finaliser (il reste encore du travail). Et commencer un nouveau roman dans la foulée. Puis un autre recueil de nouvelles. Avoir toujours un projet ou deux sur le feu. Faire en sorte d’avancer. Et surtout, surtout, de se faire plaisir.

Objectifs? Dominer le monde. Pourquoi, il en existe d’autres?

Méthode de travail. A l’ordinateur. Je serai totalement incapable d’écrire à la main (je veux dire par là, feuille et crayon). Je reviens sans cesse sur le texte, modifie ici, là, lis et relis plusieurs fois jusqu’à ce que « la musique » soit enfin trouvée. Je peux triturer une phrase pendant des jours à cause d’un seul mot qui bloque. Sinon, plutôt le soir, sur un coin de table, chez moi.

Qu’ai-je pensé du Bloody WE Très sympa. Des fans hauts en couleurs, un esprit convention avec beaucoup de gens déguisés. Une ambiance familiale où on se sent à l’aise.

Des rencontres? Surtout retrouvé des amis que je croise sur les salons, parfois à la maison. Et une rencontre qui aboutira sans doute à une future collaboration (indice, il s’agit d’un illustrateur et je pense qu’il pourrait intervenir pour faire la couverture de mon prochain roman (voir réponse à la question « projets » ci-dessus)) car son univers et son trait collent parfaitement à ce que je souhaite.

Définition du fantastique. Un événement extraordinaire qui intervient dans un monde ordinaire. Je reste assez classique à ce niveau (d’aucuns diront « old school »).

 

Jean-Pierre Favard.

 

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